Plut., De aud
sèment le novice vint à Rome, et y entendit un rhéteur improviser les variations les plus brillantes. Aristoclès fut pris au charme, et a passa dans le parti des rhéteurs », dit son biographe. Jusque-là, il avait vécu sombre, néghgé, mal vêtu ; il se fit beau, prit un costume plus commode et plus confortable, fréquenta les théâtres, et se jeta dans le plaisir*.
Il semblerait donc qu'il n'y eût rien de commun entre la sophistique et la philosophie; mais, dans la réalité, mille passages conduisaient de l'une à l'autre : « Le peuple des sophistes, disait Lucien, participe du charlatan et du philosophe, sans adhérer complètement aux principes de la sagesse, sans les rejeter tout à fait\ » Le sophiste traitait fréquemment des questions de pure morale : c'étaient des sujets à la mode, qu'il ne pouvait négliger; il devenait ainsi, presque malgré lui, l'auxiliaire de la philosophie. De leur côté, beaucoup de philosophes avaient une manière tout oratoire d'enseigner; la secte platonicienne, en particuUer, avait toujours été favorable à l'éloquence.
En fait, il est difficile d'établir un classement exact entre les philosophes et les rhéteurs du second siècle. Dion Chrysostome% après sa conversion, mit sa belle éloquence au service des idées morales les plus élevées. Isée, un autre converti, resta sophiste, même après s'être fait philosophe. Nous pourrions citer dix autres exemples de cette alliance entre la philosophie et la rhétorique; l'enseignement de Chrestus avait formé à la fois des philosophes et des sophistes. Pour Aulu-Gelle, Favorinus est un philosophe; il lui donne même ce titre avec une sorte d'affectation ; pour Philostrate, c'est un sophiste'. Chez Apulée, la rhétorique