‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 227 sur 345 · Élien, Var. Ilist., m, 17. Cf. ii · texte numérisé non relu

Élien, Var. Ilist., m, 17. Cf. ii

parce qu'il rendra le droit justement à un chacun, et fera de bonnes ordonnances? Les discours et raisons des philosophes, si une fois elles sont bien et fermement imprimées es âmes des grands personnages, qui ont le gouvernement des estats en main, et qu'elles y prennent pied^ elles ont force et eficace de vives lois^ ».

Mais tout le monde ne croyait pas, comme Plutarque, à cette utile influence des philosophes, esprits chimériques, disait-on, et bien capables de vouloir fonder, sans compromis avec les conditions mesquines que les petitesses de la réalité imposent aux politiques vulgaires, une cité modèle, où toutes choses seraient réglées par les purs principes. Plotin le voulut faire un peu plus tard. On ne voit pas que cette idée soit venue aux philosophes que protégeait Marc-Aurèle ; mais il paraît certain que leur pouvoir amena des abus; on le devine à des indications discrètes. Parmi ces gens qui prenaient l'habit de philosophe pour être enrichis par rempereur% il y eut, sans doute, des tyrans subalternes; ils parlaient haut, régentaient^ dominaient; sous prétexte de réformes, ils opprimaient les provinces. Les choses allèrent si loin en quelques endroits, que le prince crut devoir se justifier de ces excès de zèle^ Le gouvernement des philosophes fut donc, selon toutes .. les apparences, un essai médiocrement heureux. Ce n'est pas à dire, cependant, que la thèse de Plutarque soit fausse; mais autre chose est d'écouter la philosophie, c'est-à-dire de préférer, à des habiletés empiriques, la connaissance raisonnée des hommes, du devoir et du droit, autre chose est de donner aux philosophes de profession le gouvernement pratique des hommes, auquel leurs formules trop rigides les rendent peut-être inhabiles.

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