‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 241 sur 345 · Cad. Theod.. !.. xiii, T. iir · texte numérisé non relu

Cad. Theod.. !.. xiii, T. iir

sa main deux ouvrages de saint llilaire de Poitiers '. Le séjour des empereurs et la présence delà bureaucratie gouvernementale amenèrent devant les tribunaux de Trêves des affaires nombreuses, et par suite donnèrent un certain essor à l'éloquence du barreau; Ausone a vanté la belle parole des avocats de Trêves".

Notre poète, en quittant Cordeaux et la docte société de professeurs où il avait jusque-là passé son existence, ne venait donc pas en pays barbare. La cour s'intéressait aux lettres. Yalentinien était d'ailleurs plus cultivé qu'on ne pourrait d'abord le croire d'après son origine. Ses nombreux règlements scolaires attestent à quel point il veillait à la prospérité des études, au bien-être et à la considération des professeurs, à la bonne tenue, à la régularité et à l'assiduité des élèves ^ Ammien-Marcellin, qui a jugé cet empereur avec dureté plutôt qu'avec indulgence, avoue qu'il écrivait dans un style élégant et soigné, et que, s'il parlait peu, ses discours étaient animés, presque éloquents \ II faisait pour ses amis des vers qu'on disait agréables, et, jusque dans les camps, « il tempérait, dit Ausone, les combats par les Muses, et Mars par Apollon''». Yalentinien avait même la faiblesse d'attacher de l'importance à ses travaux littéraires, et d'être jaloux de ceux qui paraissaient plus habiles que lui^

Ces goûts passèrent sans peine à l'élève d'Ausone. Formé par un maître éminent, pour lequel il garda toute la tendresse imaginable, Gratien fut, dans la force du terme, un esprit cultivé ; poète, orateur, assez rompu aux subtilités de la sophistique pour développer un thème de déclamation dans les règles de l'art". Gratien ne se contentait pas

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