Au son., /{/////., XIII, Prol. et Epil
le corps qu'elle a frappé, une seule flèche donne deux fois la mort. Puisqu'un coup de foudre abat plusieurs victimes, c'est aussi du ciel, il faut le croire, que partent ces blessures ^ » ^-est-ce pas tout à fait, je le répète, le ton et la manière de Martial? Il nV manque pas même l'apothéose de rigueur.
On accuse encore Ausone d'avoir fait semblant d'être chrétien, pour ménager ses intérêts, en entrant dans une cour chrétienne; on dit que son christianisme d'occasion n'aurait été qu'une complaisance pour la famille impériale,
dont il aurait accepté provisoirement l'orthodoxie religieuse' sans y engager le moins du monde le fond de sa cro^nce.' Ausone était-il païen ou chrétien ? Il est curieux qu'on soit réduit à disserter sur ce point, quand Ausone a cent fois parlé de lui-même. La vérité, selon nous, est qu'il n'était ni païen ni chrétien ; onpourrail dire de lui, comme de Valentinien : McdÎNs intcr rclû/lomim dlvcrsitates stetir- . Mais ce qui était, chez l'empereur, une règle pratique de gouvernement, règle dont ce n'est pas ici le lieu d'apprécier la valeur, était, chez notre poète, une absence absolue de toute conviction religieuse. 11 sera donc païen ou chrétien, selon l'opportunité des circonstances; il fera sa prière, t ntot à Janus, tantôt à Jésus-Christ. Après avoir chanté la Pâques, invoqué le Père, le Fils et le Saint- Espnt, et versé des larmes de pénitence avec une componction tout à fait édilîante, il ne reconnaîtra plus ensuite d'autres divinités que les classiques habitants du vieil Olympe \ Son christianisme est si aventureux, qu'd cherchera une image delà Trinité sainte dans la trilogie des dieux terrestres, « qui partagent l'empire sans le diviser' ».