Ephjr., II. Cf. Mari., De SprcL, passim
2 Anim.-MaiTell.,xxx,9.-Synimaqiie {Ep„ x, 61) loue aussi la tolérance de Oralien.
3 Ephemer. /,6 sqq.; IdjjlL, i, v,„ el ix. Cf. Epigramm., passim; Eclorj., x: hbflL, VI, xi et xii; elo. t^ ^
4. IdjiU I, ->4 sqq. Cf. Grf/phns, 8S. - Ces dieux terrestres sont Valentinien, \alens et Gralien.
N'en concluons pas cependant qu'Ausone jouait une comédiC;, que son christianisme de surface n'était qu'une façon peu honorable de faire sa cour à ceux qui l'avaient appelé à Trêves. Ausone n'a pas positivement spéculé sur les avantages qu'il pouvait y avoir à professer publiquement une foi qui n'était pas la sienne. Mais la frivolité faisait le fond de son caractère ; on ne voit presque jamais rien de grave dans ses pensées. 11 a traité la religion connue le reste, avec insouciance. Quand il jugea cela nécessaire à sa fortune, il se fit un tout petit christianisme, mais sans parti pris raisonné de mensonge; il chanta les mystères chrétiens, comme les souvenirs de la mythologie païenne, et ne crut pas aux uns plus qu'aux autres.
Quoi qu'il en soit, ses flatteries et ses complaisances reçurent leur prix. 11 faut ajouter, pour être juste, qu'on doit attribuer à la reconnaissance de Gratien la plus grande part des honneurs dont Ausone fut comblé. On le nomma C(»mte et questeur ; on le lit préfet de l'Afrique et de l'Italie, et un peu plus tard préfet des ( iaules * . Ses parents ne furent pas oubliés ; on les voit presque tous entrer dans les charges publiques, grasses prébendes payées par les contribuables de l'empire. Jules Ausone, le père d'Ausone, vieux médecin de Bordeaux, que sa profession avait assez mal préparé aux affaires, fut créé préfet d'Illyrie. Le poète contemple avec orgueil cette famille de magistrats, que son crédit a tirés du néant".
Enfin il atteignit lui-même au dernier honneur où il aspirait depuis longtemps, et qui lui avait toujours échappé. Gratien le nomma consul pour l'année 379. On peut à peine croire quel parti la vanité du rhéteur et du poète a tiré de cet événement, quels tours imprévus il a trouvés pour rappeler à chaque instant cet impérissable souvenir. Au petit Ausonuis, un charmant espiègle, il apprendra emphatiquement que son grand-père « a présidé aux destins de l'em-
1. Vrœfatiunc, ii, 3o-38: IdylL, iv, 00-94; Grat. Ad., (tipassim.
2. Voy. surtout les Parcntalia, et IdylL, ii, 45 sqq.; iv, 90-94.
pire. ; il comptera jusqu'à deux fois qu'il s'est écoulé 1 1 18 ans de la fondation de Rome au consulat d'Ausone ' à peu près comme il aurait dit : C'est l'an 723 qu'Auguste vainqueur d'Antoine, est resté seul maître de l'empire.
Nous avons le discours, ou plutôt le panégvrique prononce par Ausone pour remercier l'empereur % déclamation pompeuse et vide, pénible enfantillage. Il décerne gravement les titres de Germanique, à' Alémanique, de Sarma^ tique a un jeune empereur de vingt ans, qui a rendu des services médiocres à l'empire, en repoussant quelques bandes près deColmar. (iratien avait annoncé cette suprême faveur à Ausone par une lettre assez aimable, mais que rien assurément ne signalait à l'admiration des siècles. Au^oney découvre des beautés de premier ordre; son enthousiasme déborde devant la hdhi prose de son élève : « Quel discours a plus de suite et de clarté? Quel maître prendrait un tel soin de n'employer que le mot propre, de ne point mêler les termes barbares à nos formules antiques ?.... Te consulem desnjnavi, cl declamvi, et priorem nuncupam. Qui vous a appris ces termes? Pour moi, je n'en connais pas d'au..i justes et d'aussi latins. />^67>^«i./, et declaravi, et nuncupam ! Ce ne sont point là des mots jetés au hasard ; cette enumerati(»n justement calculée a ses repos et ses gradations bien marquées. Si je faisais attacher votre lettre comme un édit, à toutes les colonnes, à tous les portiques' ou on la pourrait lire, ne serais-je pas honoré d'autanl de statues qu'il y aurait de pages affichées ? » Dans une autre lettre, (iratien avait écrit à Ausone qu'en l'élevant au consulat u l'élève payait à son ancien maître ce qu'il lui devait». Il n'y avait pas ici, sans doute, matière à une sortie lyrique. He bien! Ausone tombe encore en extase devant ces divines syllabes, et, à mesure qu'il les tourne et retourne, il y découvre d'inépuisables beautés.
1. /r/^//., ,y, 01 sqq.; Epiyr. de Fasf., i, et m. Cf. Ephi vi 1 • Idu/l
'9 h Tf; ''' '-' '^'- ~ ^' ^^'^"' d'^^^^-ne est d'ail eursnxart^