ht Un fin. , II, 424 sqq
ché en marché, rebut de tous les acheteurs, libre enfin, parce que personne ne veut plus garder chez lui cet être inutile et repoussant, comme un chien galeux, qui laisse traîner ses oreilles en lambeaux, qu'on se lasse de nourrir, et auquel on ote son collier pour le donner à un autre ^ Cependant, voilà Eutrope installé dans la dignité consulaire; craignant tout, il frappe tout; pour qu'on le croie fort, il n'épargne personne. L'Orient est à l'enchère; brocanteur de l'empire, Eutrope vend les peuples au plus juste prix. A tant la (jalatie ; à tant le Pont ; à tant la Lydie ; pour quelques sesterces de plus, la Phrygie est à vous. Enfin la fortune se lasse de cette comédie. Eutrope est au pieds des autels, dans une église chrétienne de Constantinople ; il est défendu avec peine par saint Jean Chrysostome contre les colères de la foule. Mais Claudien restera implacable ; pas un mot de pitié ; il se moquera de ce vieillard tremblant, qui essaie, en pleurant comme une femme, de désarmer ses ennemis-.
Douze ans plus tard, Stilicon, à son tour, était condamné à mort par llonorius, qui peut-être lui pardonnait difficilement ses immenses services ; poursuivi par une troupe de sicaires, il se réfugiait dans une édise de Ravenne; il fut tué le 23 avril 108. Son fils Euchérius ne lui survécut euère ; sa fille Thermantia, qui venait d'épouser llonorius, après la mort de Marie, fut chassée du palais, et alla vivre à Rome, où elle végéta quelques années; sa femme Séréna, nièce de Tliéodose, fut égorgée pendant le siège deRome par Alaric, sous prétexte qu'elle correspondait avec les Visigoths. Ainsi disparut en peu de temps cette famille puissante.
Un grand nombre des clients, des protégés de Stilicon furent massacrés à Pavie. Claudien fut disgracié ; mais problement il ne fut pas mis à mort avec les autres créatures de Stilicon ; une lettre suppliante qu'il écrit au préfet du
i. In Eutrop., i, 135 sqq.
1. lôicL, II, 2.J sq(i. — Eutrope échappa cette fois à la mort, mais il fut tué en 399.
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prétoire semble prouver qu'il échappa au désastre de ses amis : « J'ai perdu la faveur dont je jouissais ; le cruel dénuement est venu à la suite. Ma maison est désolée ; je suis privé de mes compagnons les plus cliers ; l'un a succombé dans les tourments, l'autre promène partout son triste exil K »
Nous ne savons si le préfet écouta les prières du poète, et s'il s'occupa de relever la fortune de Claudien. Mais cela n'est pas probable ; car celui-ci n'aurait pas manqué de chjmter, avec son emphase ordinaire, son nouveau protecteur. On peut donc penser qu'il acheva ses jours dans une espèce d'obscurité, et qu'il vit s'évanouir les nouveaux projets de grandeur qu'il avait pu fonder sur la faveur de la cour.