‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 258 sur 345 · SiuH., Oci., S:i ci · texte numérisé non relu

SiuH., Oci., S:i ci

2. Pli[i., Ej)., I, 13; SiiL't., CLaud., 41. — Voy,,snr les lectures puhliinies, une autre histoire plaisante dans IMine, £";)., vi, lo.

tandis que ses claqueurs donnaient le signal des applaudissements, et que les centurions eux-mêmes, convoqués par ordre au spectacle, étaient forcés de ne point paraître indiliérents. C'étaient de singulières solennités; une fois, l'enthousiasme fut si grand que le peuple en délire, pour remercier le ciel de la lecture qu'il venait d'entendre, décréta une supplication aux dieux \

Domitien avait lu en public dans sa jeunesse, au temps où il se tenait à l'écart de la politique et du gouvernement, et faisait semblant de ne penser qu'à la culture des lettres. Nous ne savons pas s'il continua de le faire après son avènement; mais les poètes courtisans qui fréquentaient la cour lisaient en sa présence. Les Silves de Stace, par leur sujet même, leur tour, leurs basses flatteries, montrent qu'elles ont été, en grande partie du moins, écrites pour les récitations-. Mais nous n'en finirions pas de citer tous les témoignages de l'intérêt que les empereurs affectaient pour les lectures publiques. Quand l'Athénée fut bâti, sous Hadrien, on y ménagea une salle, disposée en amphithéâtre, pour la récitation ; Alexandre-Sévère y allait souvent entendre les rhéteurs et les poètes '\

Quelquefois cependant, il faut bien l'avouer, les récitations se retournèrent contre le gouvernement. A côté des séances présidées ou patronnées par le prince, où s'assemblaient, soit les amis affichés du régime impérial, soit les indifférents qui n'avaient pas de parti pris politique, on trouvait des réunions plus indépendantes, et presque factieuses, où les épigrammes à peine voilées, les allusions transparentes tombaient sans respect sur les puissances. Quand Maternus, sous les Flaviens, lut en public sa tragédie de Caton, où le pouvoir était fort maltraité, ses amis alarmés redoutèrent un malheur; cette affaire occupa tous

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