‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 260 sur 345 · llmL · texte numérisé non relu

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3. Suêl., Oct., 8D; Xer., 10; Spart., lladr., IG ; ldim[mà., Alex. Scv., 3o; Capit., Très GonL, 2; etc.

rhéteurs tenaient leurs assises. Philostrate, leur historien, le rappelle à chaque page. C'était souvent, pour le sophiste, la révélation d'un talent obscur encore, et le point de départ d'une haute fortune ; la conquête d'une chaire pouvait être le prix d'une déclamation bien enlevée ^

Les lectures et les déclamations, permises, encouragées même par le pouvoir, n'avaient pas cependant une origine ofticielle. D'autres institutions, au contraire, furent véritablement des fondations gouvernementales; tels sont les concours, les bibliothèques, et quelques chaires publiques d'enseignement.

Trois mots un peu vagues de Plante et de Térence ont pu faire croire qu'il existait, avant l'empire, des concours littéraires, au moins pour les auteurs dramatiques. L'édile qui avait la surintendance des spectacles recevait sans doute quelquefois plusieurs pièces pour la même solennité; il pouvait choisir lui-même, ou déléguer cette commission à un homme expérimenté, vieilli dans la pratique du métier, comme Cœcilius'. Voilà, je pense, tout ce qu'on peut appeler concours, — si l'on tient à ce mot, — entre les premiers poètes dramatiques de Rome. Je ne puis voir non plus un vrai concours dans l'histoire si connue du présomptueux Syrus, qui vient à Rome, sous la dictature de César, provoquer ses rivaux, et triomphe en particulier du vieux mimographe Labérius^

On trouve enfin sous Auguste, pour la première fois, une institution de ce genre qui commence à s'organiser, et même des juges qui prononcent, à ce qu'il semble, des décisions sans appel. La bibhothèque d'Apollon Palatin s'ouvrait aux œuvres des écrivains vivants ; c'est là que leurs livres étaient soleimellement déposés. On sent bien que cet honneur était vivement recherché. Les grands poètes pou-

1. Voy. Philostr., Vit. Soph., î, 24; ii, 5, 12, 20, 24, 25, 26 et pa,^sm.

2. Plant., Trhi., act. III, se. ii; Cami., VroL; Ter., Phorm., ProL; Vit, Tereîit., 2. Cf. Hor., Ep., II, i, 181.

3. Macr., Sat., ii, 7. Cf. Sén., Controv., xviii; Suét., Cœs., 39.

valent se moquer de cette ambition, comme d'une gloriole enfantine ; mais la foule des médiocres voulait jouir de toutes les vanités du présent. Quel triomphe de pouvoir dire à ses amis, en les menant au bon endroit : « Voilà mon grand poème épique î ^^ Pour forcer les portes de ce temple du i;oiit, Alpinus alignait les chants d'une longue Ehlopide; puis, traversant les continents et les mers, il allait voir à sa source le Rhin et sa barbe limoneuse. Mais n'entrait pas qui voulait à la bibliothèque palatine; il fallait recevoir l'approbation d'un jury, présidé par ce M.ecius Tarpa qu'Horace a vanté pour la finesse et la sûreté de son goût. La réputation de Tarpa était déjà ancienne ; vers la fin de la république, il avait rempli les fonctions de censeur dramatique, et désigné les pièces qu'on représenterait dans les jeux offerts au peuple par Pompée. Cicéron ne faisait pas grande estime du jugement littéraire de Tarpa, et traitait avec dédain les tragédies auxquelles celui-ci avait accordé l'estampille*; mais, en cette matière, l'opinion d'Horace vaut mieux que celle de Cicéron.

Cette espèce d'examen institué par Auguste n'avait pas lieu sans un certain a[)pareil ; la statue de l'empereur, costumé en Apollon, dominait toute cette scène, comme pour mieux en accuser le caractère public, et faire entendre d'où venaient les bonnes inspirations. Les vers lus devant ce jury officiel étaient souvent, n'en doutons pas, des lieux commun semphatiques sur la restauration de Tordre et de la religion, et sur tous ces thèmes qu'Horace et Virgile ont mis en si beaux vers. Aussi Auguste n'était pas rassuré de ce zèle excessif; il craignait avec raison des maladresses, et recommandait aux préteurs de ne pas laisser traîner son nom à l'aventure dans cette littérature de courtisans'".

1. Cic, ad lunniL, vu, 1 : « Sobis erani ca pcrpetienda, qux Sp. Mœcius probavissct, » etc.

■1. Ilur., Sat., I, IV, 21; I, x, 30. Ep., 1, m, 17: H, ii, 32; ad Pis., 3S7; SchoL in cosd. /oc; Suét., Or/., 89. — L'histoire de ce concours est eu somme fort obscure, pleine de dil'licultés; nous avons tiré des teites le meilleur parti possible.

L'institution d'Auguste, cependant, n'était pas encore un concours dans toute la force du terme, car le nombre des vainqueurs était illimité, et je crois bien que ni la sévérité de Tarpa et de ses assesseurs, ni le mécontentement du prince n'empécliaient les écrivains bien pensants d'entrer dans la maison d'Apullon.

Caligula établit des concours d'éloquence à Lyon, auprès de l'autel d'Auguste. 11 ne faut pas croire d'ailleurs que l'administration impériale ait pris au sérieux le code étrange que fit Caligula pour son institution. Que ce pauvre fou, dans une de ses nuits de délire, ait imaginé les articles bouffons,

oudprétendaitinfligerunepunitionauxconcurrentsvaincus, cela se peut ; bien d'autres fantaisies ont traversé cette cervelle mai faite. Mais gardons-nous de penser que ces choses grotesques aient reçu leurexécutiou, que jamais aucun candidat malheureux ait eu l'alternative d'effacer avec sa langue ou une éponge un discours trop mauvais, de passer parles verges, ou bien de faire un plongeon dans le Rhône; on a tort de traiter sérieusement cette histoire. On s'amusa beaucoup, à Rome, du plaisant règlement de Caligula; quand on voulait montrer un homme aux prises avec une besogne désagréable, on le comparait, par manière de proverbe, au (( rhéteur trend)lant devant l'Autel de Lyon'. »

Le règne de Néron fut la belle époque des spectacles en tout genre. Il faut rendre à Xéron cette justice, qu'aucun empereur n a plus fait que lui pour divertir son bon peuple. Ce règne, qui commence par la comédie de l'apothéose de Claude, fut une gaie représentation, poiu^ ceux du moins qui ne jouaient pas un rôle malgré eux, aux drames sanglants et réels dont le prince coupait les distractions du théâtre et du cirque. C'est le temps des lutteurs, des danseurs, des musiciens, des mimes et des cochers ; jamais la plèbe n'avait vu tant de fêtes, et ne s'était amusée de si bon cœur. Dans les Jeux néroniem, on laissa du moins uije large

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