Viscoiiti. // sepolcro, cfr
3. Vov. Cen^., De Die \nt., IS; Cod. Theod.. L. xvi. T. x. 3: etc.
confus de ces grandes fêtes littéraires ne s'est jamais entièrement perdu en Italie.
Chaque année, au mois de mars, quand revenaient les Ouinquatries de Minerve, Domitien, dans sa maison d'AIbe, solennisait un autre concours de poètes et d'orateurs ; les prêtres du collège de Minerve en avaient l'intendance et la police; mais l'empereur distribuait lui-même les couronnes d'olivier, beaucoup moins recherchées d'ailleurs que celles des jeux capilolins. Le cérémonial était plus simple; les choses s'y passaient un peu plus en famille ; il y avait moins d'étiquette qu'à Rome; à cette occasion, l'empereur oflrait à dîner aux personnages de marque, et peut-être aux poètes et aux orateurs qui avaient concouru. Stace conquit trois couronnes aux jeux albains, médiocre compensation de son n)alheur à ceux du Capitole. Carus imagina de sy distinguer par une de ces flatteries qui plaisaient toujours à Domitien; après avoir reçu sa couronne, il vint délicatement la poser sur un buste de TempereurV
Il y eut encore dans l'empire, outre les jeux de Lyon, des solennités du même genre à Naples, à Carthage, à Milan, etc. Ces ccmcours sont en général peu connus, et d'ailleurs ils ont le caractère d'institutions purement municipales ou provinciales. Nous n'en dirons rien ici. On voit du moins par cette esquisse que le gouvernement intervenait quelquefois dans la vie littéraire sous une forme active et positivement ot'licielle. La création de bibliothèques publiques nous montre, sous une autre Inrme, cette constante pensée de l'Ktat de ne pas rester étranger à tout ce qui pouvait favciriser la culture de l'esprit.
Luculhis, qui avait rapporté d'Asie un grand nombre de livres, ne perdit aucune occasion d'enrichir à grands frais sa collection. Il rut alors la pensée libérale d'en faire profiter le public. Les savants grecs, déjà trrs nombreux à Home,
1 Suét. /Mm. 4; .Mart., ix. 24: x.,, 4S: Stace, Si/v.. m. v. 2S : IV. ,r. Oo; IV, V. 22. Cf. \, in. 22o- 2-yS;Schol. in Juv., iv, 94.
emmimimm.atéimmmmigtm
grammairiens, professeurs de rhétorique, médecins, philosophes, s'accoutumèrent à venir travailler et causer dans les galeries de Lucullus. Ils s'y trouvaient un peu comme chez eux, au milieu de ces trésors littéraires amenés en grande partie de leur pays; ils passaient donc là des journées entières à discourir. Le maître de la maison faisait d'ailleurs les honneurs de sa bibliothèque avec une bonne grâce parfaite. De temps en temps, Lucullus venait se promener avec ces hommes de lettres; il prenait soin de leurs affaires, et, plus d'une fois, il mit son crédit à-leur service'.
Nous ne savons pas ce que la bibliothèque de Lucullus devint après sa mort. Mais, quand César fut maître à Rome, il caressa le projet de fonder une immense bibliothèque, grecque et latine, ouverte à tout le monde, et dotée de larges revenus ; c'était un des articles du vaste programme ébauché par cette tête puissante. Il fit des avances à Yarron ; le vieux républicain, à demi réconcilié avec César, et qm' ne l'avait combattu qu'avec répugnance et sans illusion, ne refusa pas la mission honorable d'organiser cette bibliothèque, et il pensait peut-être à l'enrichir des monuments de la littérature étrusque-. César prenait d'ailleurs Yarron par son faible, en parlant de bibliothèque à ce c mangeur de livres », à ce bibliophile, à ce travailleur acharné, qui avait mis au nombre de ses maximes favorites : « 11 faut étudier, comme si nous n'étions nés que pour cela. — Dégustons les livres, comme les convives une table bien servie '\ » Le coup de Rrutus et de Cassius et une nouvelle levée d'armes remirent tout en question. Il s'agissait bien d'assembler et de classer des volumes pour le public instruit de Rome, quand Antoine s'installait avec sa bande à Tusculum, et que des soldats ivres piétinaient les propres manuscrits de Yarron * !