‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 266 sur 345 · Pliil., Lucnl/.. 42. Cf. Isi.l.. Or/)/., vi · texte numérisé non relu

Pliil., Lucnl/.. 42. Cf. Isi.l.. Or/)/., vi

2. Siiét.. C^ps., 44; Isid., loc.cit.: Varr., De Linfjua /«/., v, :i:j.

.]. \arr., Senf., 62 et loi. — Toutes les sentences attribuées a Varron ne sont pas aiitiientiques ; mais c-lles-ci portent bien la marque de son esprit.

4. Cic. Philipp., Il, il; Varr.. Hp/^d., dans A.-Gell.. m, 10. Cf. App.. De Bell, cil'., IV, 47,

Mais, quatre ou cinq ans pius tard, un Romain hardi, plein d'initiative, qrand personnage lettré, orateur, historien, poète, Asinius Pollion, respecté par Auguste dans son indépendance, établit à ses frais, dans l'atrium de la Liberté, une bibliothèque publique ; selon la belle expression de Pline l'Ancien, il faisait ainsi « du génie de quelques-uns le patrimoine de tous ». Il y plara le buste des grands écrivains à coté de leurs œuvres, « voulant qu'un vit leur image, dit encore Pline, dans l'endroit même où leurs âmes immortelles parlent encore'. » Enfin Auguste s'empara de cette idée au proiît de sa politi(jn<'; il créa deux nouvelles bibliothèques, l'une dans le portique d'Octavie, l'autre près du temple d'Apullon, qu'il avait bâti sur le mont Palatin, dans un lieu frappé récemment de la foudre, où les aruspices avaient déclaré que le dieu voulait avoir un sanctuaire'.

Après Auguste, beaucoup d'empereurs hrent des fondations semblables; il n'y avait pas de meilleur moyen d'affirmer à tous les yeux ce patronage littéraire qui resta toujours dans la tradition gouvernementale. Les anciens parlent d'une bibliothèque tibéricFUic. Yespasien en créa une autre dans les annexes du temple de la l*ai\. l'ne grande bibliothèque grecque et latine, voisine du Capitole, fut restaurée à grands frais par Domitien après l'incendie du temple de Jupiter; des érudits allèrent en Kgypte, pour copier ou (H)llationner des manuscrits. Une des plus célèbres bibliothèques de Rome, ÏU/j/ieiuif, fut établie par Trajan près de son temple, et transférée plus tard aux thermes de Dioctétien; c'était peut-être en même temps un dépôt d'archives, car riiistorien Vopiscusy lut, dans un recueil d'actes officiels, une lettre originale de l'empereur Valérien. Hadrien ajouta à son At/irnrr une bibliothèque dont on vantait la

1. l'iiiic, Uisl. Sat.. VII, ;{() et xxxv. 2; Isid.. Oriij., vi, o. Cf. Suûl., Oct., 20; Ovid., Trist., UI, i, 71.

2. Siiét., Oct., 20: Caps.. .%: Tih.. 7i: Grammaf.. 20 et 21; Fi. r>as>.. un. 1 : Lxvi. 2^; Ovid»'. Tris/., MI. i. 60 sqq. ; Hnr.. Ep.. F. m. 17; fie.

richesse et la belle ordonnance \ Les bibliothèques étaient si nombreuses à Rome, qu'on en comptait plus de \ingt au commencement du quatrième siècle ; il est vrai que plusieurs n'étaient probablement que des collections spéciales, ou de simples bibliothèques de quartier.

Ces beaux édifices étaient en général desservis par de véritables officiers publies, dont la plupart devaient émarger sur les deniers de l'État. Les uns, modestes employés, remplissaient les fonctions d huissiers, de relieurs, de copistes, de distributeurs ; d'autres, qui exerçaient une sorte d'intendance, étaient d'assez gros personnages. Nous connaissons quelques-uns de ces fonctionnaires de tout ordre. Hygin fut préfet de la Palatine sous Auguste, Mélissus de \6ctaviennc. Pompéius Macer était peut-être conservateur général ou inspecteur de toutes les bibhothèques de Rome; Auguste prit une fois la peine de lui envoyer des instructions écrites sur la manière dont il devait remplir sa charge. Ces hommes n'étaient pas les premiers venus; Uygin et Mélissus étaient pour ainsi dire les chefs de ce peuple bruyant de grammairiens, qui faisaient et défaisaient les réputations littéraires-.

Alexandre, Antiochus, Claude Alcibiade, Calhsthène, Julius Félix furent ensuite gardiens ou conservateurs de VApollhiinuie, le premier pour le département grec, les autres pour le département latin. Montanus Julianus, Laryx, llinnms Aurélianus étaient attachés à YOctavienne. Le rhéteur Denys d'Alexandrie eut, pendant de longues années, la direction des bibliothèques; Julius Vestinus exerça la même charge sous Hadrien, et fut ensuite appelé à l'administration du Musée d'Alexandrie '. Ces nombreux officiers étaient acquis au pouvoir par la nature

1. A.-Gell.. V. 21: xi. 17; xiir, 10; xvi. S: Su. t.. Dom., 20; I). Cass., Lxviii. 10:Frunl.. ad M. Anr. <\rs., iv, o: Vdpisc, Proô., 2; Auref.,8; Si.l. Apuji., Canu., 81; Ep., ii, 0: ix, IG. Cf. Sén., de Tranq. Ati., 0.

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