Sen., Coîitrov., xii, Prœf
le père du prince ' ! » allusion terrible à l'ignoble captivité de Yaléricn. Ces témérités dangereuses ne sont pas rares
sous l'empire.
Il y eut donc une opposition contre les Césars. Mais elle n'était pas nécessairement haineuse ; on peut même avancer que les irréconciliables ont été rares sous la domination impériale. De grands personnages, comme C. Pison, à qui leur naissance et leurs richesses persuadaient qu'ils valaient bien les princes, quelques esprits intempérants et généreux à l'excès, comme Ilelvidius Priscus, des philosophes stoïciens que l'ombre même de la servitude effarouchait, enlin des mécontents comme on en trouve à toute époque et sous tous les régimes, qui ne pardonnent jamais au gouvernement d'avoir dédaigné leurs services ou néglige leurs avis, tels étaient à peu près les seuls adversaires sérieux et passablement convaincus de l'empire. Un certain Corellius Rufus, malade de la goutte sous Domitien, et qui souffrait des douleurs atroces, disait à son entourage : c( Savez-vous, mes amis, ce qui me donne la force de résister à mes tortures ? C'est le désir de survivre à ce brigand, ne serait-ce que d'un jour^ » A la bonne heure, voilà un ennemi convaincu. Mais ces haines vigoureuses n'étaient pas communes ; encore est-il permis de croire que Corellius en voulait seulement au César Domitien, et non pas au césarisme considéré comme un principe, et comme une forme de gouvernement.
Onant à la foule des autres, à ceux qui ne tarissaient pas en moqueries contre les empereurs, qui colportaient les commérages peu édifiants du palais, qui jasaient contre l'extravagance de Caligula, la bêtise de Claude, l'avarice de (ialba, la manie voyageuse d'Hadrien, le zèle philosophique de Marc-Aurèle, ce n'étaient pas des opposants bien redoutables, et d'ordinaire les princes ne leur faisaient pas l'honneur de les craindre. Quand les soldats de Tibère, par une