Cic, BruL
ou trois ans plus tard, ayant à peine savouré les premières douceurs de ce repos qui l'avait fui si longtemps \
C'était en littérature un amateur difficile. Il admirait surtout la Grèce avec ses élégances, et professait quelque dédain pour le rude génie du Latium'. Cependant il recherchait la société des poètes romains, et même il daignait s'occuper d'eux, quand ses autres affaires lui en laissaient le loisir. Il était d'ailleurs incapable de s'attacher sincèrement à ces hommes, qui ne pouvaient être à ses yeux que des compagnons de plaisir; au fond, à l'exception de Lucrèce, il devait les mépriser. On a vu tout à l'heure quels étranges services il demandait aux grammairiens qui fréquentaient sa maison ; Catulle, comme nous allons le dire, ne fut pas traité avec plus de considération.
Avant le malheureux procès de brigue où il succomba, Memmius avait été envoyé comme prc>préteur dans la province de Bithynie. Il prépara ce voyage en grand seigneur lettré, qui ne se contente pas de traîner à sa suite des cuisiniers, des bouffons et des nains; il voulut avoir aussi des poètes dans son cortège, j'allais dire parmi ses gens de service. Question de goi^its littéraires, sans doute, mais surtout question de vanité, de représentation et de montre. 11 ne messeyait pas, surtout dans ces pays de l'Asie Mineure, gagnés depuis longtemps à tous les arts de la Grèce, de faire voir qu'on n'était pas un barbare, un grossier Romain, enlevé de la veille à sa charrue.
Lucrèce fut-il de l'expédition? On l'a dit, mais sans aucune preuve, et même contre toute vraisemblance \ Nous ne connaissons avec certitude, parmi les compagnons du préteur, qu'Helvius Cinna ^ et Catulle. Celui-ci n'a pas besoin d'être présenté au lecteur, mais il est permis à tout le