‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 280 sur 345 · Sén., Controv., m, Vrœf,;\\i^ Prœf.; Suas., vu · texte numérisé non relu

Sén., Controv., m, Vrœf,;\\i^ Prœf.; Suas., vu

5. Sén., Contr., xii. Cf. i, Vrivf. — Voy. encore, sur la hardiesse des décla-

le professeur de rhétorique était un déclassé, un homme déchu ; le hasard des événements l'avait condamné à végéter dans une méchante petite école de troisième ordre, et il employait les exordes de ses leçons à se venger des hommes et de la fortune*.

Ces gens d'esprit n'épargnaient personne, et les Césars même étaient d'aventure atteints par quelque trait lancé d'une main légère. Plusieurs rhéteurs périrent sous Caligula et sous Domitien pour des libertés de ce genre ^ Quand Néron est las de tuer, il envoie en exil un grand nombre de personnages en vue ; parmi les plus illustres. Tacite nomme le rhéteur Verginius Flavus. Quel était le grief de Néron contre lui? c'est qu'il enflammait les jeunes gens de sa libre et généreuse parole " . Ne dirait-on pas quelqu'un de ces maîtres admirés qui, dans nos universités modernes, ont groupé autour de leur chaire une jeunesse libérale, et provoqué les défiances ou les rigueurs du pouvoir?

La nature même des déclamations les tournait aisément contre l'empire. On revenait de préférence, au moins dans certaines écoles, aux bons modèles de la République : Cicéron surtout était lu, étudié, commenté avec ardeur'*, et cela ne pouvait se faire sans exciter plus ou moins le regret de cette époque agitée, féconde pour l'éloquence, où les plus grandes affaires étaient publiquement débattues. Dans les sujets choisis, on voyait souvent la liberté mourante en face de l'autocratie qui s'essayait déjà. On conseillait à Sylla de rentrer dans la vie privée, on dissuadait Cicéron de faire des excuses à Antoine après ses PJiilippiqucs; beaucoup d'écoliers refaisaient pour leur compte le discours de Caton

mateurs au commencement de l'empire, Sén., Suas., m et vi; Contr., m, Pt'ipf.: v,Pripf., eipassim. Cf. Quint., x, 1, 116; Thil., Soph.,i, 8; Spart., lladr., 15; etc.

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