‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 283 sur 345 · Séii., Ep., 20; Tac, Ann., xiv, IG. ... ^m · texte numérisé non relu

Séii., Ep., 20; Tac, Ann., xiv, IG. ... ^m

2. L'incident le plus caraclérisliquc est peul-êlrc le procès de lliraseas.

fVov. Tac, /l;i».,xvi, 21 sqq.i 3." Voy. Enchir., passim ; Simpl., Comment., l'rœf., 2.

sans une certaine défiance des théoriciens arrogants, qui prétendent séparer leur empire de celui de Césai^.

Cette première cause de dissentiment en amènera d'autres. Les philosophes, se croyant hors des atteintes du pouvoir, n'en attendant pas les faveurs et n'en redoutant pas les menaces, professeront un grand mépris pour la force matérielle* ; en général ils n'aimaient pas l'armée, qui était le principal instrument de la domination impériale ; à leurs yeux, elle représentait la brutalité aveugle du glaive opposée à la lumière de l'idée. Les stoïciens diront la vérité aux princes avec sans-gène, et se feront ainsi la réputation de gens mal élevés, frondeurs, d'une insolence intolérable. Quand on fit venir à Rome Apollonius de Chalcis pour lui confier l'éducation philosophique de Marc- Aurèle enfant, il refusa fièrement de loger au palais, et exigea que son élève vînt le trouver chez lui^. Un autre philosophe est invité par Néron à une sorte de conseil littéraire ; l'empereur s'était mis en tète de mettre en vers toute l'histoire de Home, et on déhbérait gravement sur le nombre de livres qu'il faudrait consacrer à cette œuvre monumentale. Un courtisan, plus hardi que les autres, proposa d'emblée quatre cents livres. « C'est trop, dit le philosophe. — Mais votre stoïcien Chrysippe en a bien écrit davantage. — Oui, mais les siens sont utiles ^)) Ce trait n'est qu'une boutade ; mais, à la longue, ces airs impertinents déplaisaient '.

On accusait d'ailleurs les philosophes de protester contre l'ordre de choses établi depuis Auguste; ils passaient pour des mécontents, pour des factieux ^ Un stoïcien affectait de ne pas reconnaître Vespasienpour empereur; Démétrius

1. Voy. dans Épict., Disnof., i, 2. le fier dialogue entre Helvidius Priscus et Vcspasien. Cf. Son., dr Traw/. eut., 14.

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