Dion Cassius, lxii
4. Voy. Suét., Vesp., 13 et 15; Capit., loc. cit. Cf. Suét., Ncr., 39; 1). Cass., Lxvr, 13 et li>; Sén., Ep., 14 et lOJ; elc.
5. Dion Cassius, lxii, 2G;lxvi, 13; Tac, /l/i7i.,xiv, 12 et 57; xvi, 21 et 28; etc.
dédaignait de se lever en sa présence \ On disait aussi que les stoïciens prêchaient à leurs disciples une vie de lâche isolement, Vataraxie politique, la désertion des magistratures, l'abandon des devoirs civiques ^ Enfin leur tristesse habituelle était un autre genre d'opposition que nuus comprenons moins^ ; cette mélancolie passait pour « une insulte à la félicité publique ». Leur costume négligé était une espèce de protestation contre le luxe; ils inquiétaient les consciences des viveurs qui entouraient le pouvoir ; Aman passant près des guenilles de Mardochée n'était pas plus troublé.
Pour ces diverses raisons, les philosophes n'étaient guère aimés du gouvernement. Du reste, leur opposition n'était pas à dédaigner. Ces hommes bizarres et désagréables agissaient sur l'opinion d'une manière efficace ; le pouvoir devait compter avec eux, et, dans quelques circonstances critiques, ils pouvaient être une cause active de désordre. Quand un prince aussi modéré que Yespasien se croit obligé, par raison d'État, de les chasser de Rome, il faut bien que leur attitude fût difficilement compatible avec la tranquillité pubHque.
Par quels moyens gagnaient-ils cette influence redoutable ? Leur costume même, n'en doutons pas, était déjà une force. Cet attirail fiiisait rire, mais il valait à nos saints personnages une sorte de vénération. Les stoïciens avaient d'ailleurs cette manière hardie et décisive de traiter les questions, qui ne manque à peu près jamais d'en imposer. Ils tranchaient tout d'un air assuré et triomphant ; on écoutait comme des oracles des gens qui étaient si certains de posséder la vérité complète, et ne rabattaient pas un iota de leur doctrine : ils étaient décidément en ce point très habiles et très forts.