‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 285 sur 345 · Suét., iVer., 37; Quint., i, Prœf.; Tac, Ann., xvi · texte numérisé non relu

Suét., iVer., 37; Quint., i, Prœf.; Tac, Ann., xvi

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Le public intelligciil, pris en gros, leur était favorable. Depuis Auguste, le stoïcisme, grâce à des noms illustres et à des exemples mémorables, était peu à peu entre dans les classes éclairées de la société romaine. Les phdosophes avaient des écoles où se travaillait et se préparait l'opinion, des disciples nombreux presque fanatises par l'enseignement de leurs maîtres. Ils pénétraient partout, même dans l'intérieur des familles, où on réclamait leur direction morale. Aussi peut-on dire, sans exagération, que les philosophes ont souvent conduit l'opimon sous l'empire, et qu'il importait beaucoup au gouvernement de ne pas les avoir tout à fait contre lui.

L'histoire fut aussi un puissant moyen d'opposition contre les Césars. Rien de souple comme les faits politiques ; ils prennent, avec la plus grande facilité, la forme d'une accusation ou d'une apologie. L'histoire n'est peut-être pas « une perpétuelle conspiration cimtre la vente » ; mais il est certain au moins que les partis n'ont jamais résiste à la tentation de servir leurs intérêts, en sollicitant les événements dans un sens favorable. «Beaucoup de gens, dit Josèphe, ont écrit sur le régne de Néron; mais les uns, par reconnaissance, ont trahi la vérité; les autres, par haine, l'ont mêlée de mensonges'.» Tacite avertit par deux fois son lecteur, dans les graves considérations qui ouvrent ses A>inalcs et ses Histoires, qu'il est prudent de se tenir en garde contre les œuvres inspirées par la flatterie ou par le dénigrement : « L'esprit d'adulation, dit-il, altéra la vérité ; quelquefois aussi la haine du pouvoir. Ou esclaves, ou ennemis, tous oubliaient également la postérité. Mais l'écrivain qui fait sa cour éveille assez la défiance, tandis que la détraction et l'envie trouvent des oreilles toujours ouvertes. C'est que la flatterie porte le honteux caractère de la servitude; la malignité plaît par un faux air d'indépendance... L'histoire de Tibère, de Caïus, de

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