Tac, Ann., i, 72; Cf. iv, 21; Suét., Oct., 55; Dom
laquaient des factums injurieux écrits contre \m\ Tibère était indigné de ces insolences. Cependant il les subit à son tour, quand il lut le maître de Tempire ; mais, comme Tusage du pouvoir avait tempéré sa fougue, il fut souvent assez
tolérant.
Sous quelques-uns de ses successeurs, on retrouve encore la trace de ces pamphlets politiques. Claude fut cruellement blessé par un écrit de ce genre. Il avait de temps en temps conscience de son épaisse insuffisance ; surtout il rougissait des humiliations qu'il avait subies sous Tibère et Caliguhi. Il entreprit de faire croire aux Romains que, sous ce dernier règne, il avait joué la niaiserie pour échapper à la jalousie de son prédécesseur, et que cette feinte bêtise, renouvelée de Tartifice bien connu de Brutus, cachait une fine et profonde politique. Naturellement il ne persuada personne; on se moqua de Claude et de sa fine politique, et un libelle lui apprit clair et net qu*il n'avait pas besoin de contrefaire
la sottise ^
Après la mort de ce prince, sa mémoire fut abandonnée à toutes les moqueries'. La jeune cour qui, malgré un grand étalage de douleur, abhorrait le souvenir de Claude, voyait avec une tolérante complaisance ou encourageait cette opposition posthume. Callion, frère de Sénèque, trouva quelques mots piquants sur l'apothéose du défunt, à qui les champignons d'Agrippine venaient de conférer une divinité dont tout le monde plaisantait'. Sénèque lui-même, qui avait composé l'éloge de Claude, prononcé par Néron devant le sénat % se délassa de ce pompeux mensonge en écrivant de verve son Apokolokijnlosc^ ^éritable pamphlet, très lestement troussé. Les ridicules et vilenies du dernier règne y sont saisis avec un rare bonheur; les pré-