‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 289 sur 345 · Tac, loc. cit · texte numérisé non relu

Tac, loc. cit

G. Dion Cassius, loc. cil.

tentions de Claude à Térudilion, les désordres du palais, le pouvoir exorbitant des affranchis, les abus de l'avocasserie, la férocité des délateurs^ l'arbitraire prodigalité des supplices, tout cela est vivement esquissé, avec une verve bouffonne qui n'est pas sans esprit.

Le pamphlet était quelquefois une épitre satirique ; Julius Novatus répandit dans le public, au temps d'Auguste, une lettre publiée sous le nom du jeune Agrippa, où la politique du prince était attaquée avec une extrême violence ^ Souvent encore, à ce qu'il semble, le libelle affectait la forme et le stvle d'un testament fictif, où les morts étaient supposés faire la leçon à l'empereur, au sénat, aux officiers de fadministration impériale. Un de ces codicilles, écrit par Fabricius Yéienton contre les sénateurs et les pontifes, fut jugé si dangereux, qu'on le brûla publiquement. Il va sans dire qu'il en resta des copies ; comme il y avait quelque danger à le lire, beaucoup de gens voulurent l'avoir ; aussitôt que l'attrait de ce péril eut cessé, personne n'y pensa plus-.

Auguste fut souvent maltraité dans ces testaments injurieux, et il eut beaucoup de peine à empêcher le sénat de réprimer cette licence \ C'est un codicille qui fut la vengeance de Pétrone contre Néron. Tout le monde connaît l'histoire de ce courtisan aimable, indolent, voluptueux sans avoir la réputation d'un débauché vulgaire, longtemps agréable au prince qui ne voulait plus d'autres plaisirs que ceux qui lui étaient recommandés par le suffrage de Pétrone. Tigellinus lui-même commençait à trembler pour sa propre faveur. Pétrone fut dénoncé comme ami de Sca^ninus qui, dans la conspiration de Pison, avait réclamé l'honneur de porter le premier coup à Néron. Déjà l'accusateur avait été

1. Suét., Orf., 51. — On cite une sorte de pamphlet écrit contre César en forme de dialogue (Cic, Brut., GO).

2. Tac, Ann., xiv, 50. On voit par Suétone {OcL, 55) qne ces factums pouvaient être de véritables testaments, dans lesquels on se donnait le plaisir d'injurier le pouvoir. Voy. encore Tac, Ann.,\i, 3S. Cf. I/jid., xvi, 27.

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