‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 291 sur 345 · Voy. PI in., Pan. Traj · texte numérisé non relu

Voy. PI in., Pan. Traj

satiriques ont pullulé au temps des empereurs *. Rien d'ailleurs de plus romain ; les poésies fescennines, les occentations^ les chansons nuptiales, les cantica militaires montrent quelles étaient les vieilles habitudes de l'esprit national. On ne se fit pas faute de continuer la tradition aux dépens des Césars ; mais on remplaça le vers saturnin et son rythme hérissé par les formes plus souples de la poétique nouvelle.

Le distique surtout fut l'arme par excellence de ces légers combats, où il s'agissait moins d'accabler un adversaire par un coup terrible, que d'enfoncer un trait rapide, et de l'abandonner dans les chairs béantes. Ceux qui, par hasard, étaient inhabiles à tourner un vers, trouvaient sans peine des gens qui travaillaient pour eux'. Tous, dans les classes dirigeantes, pouvaient donc au besoin s'associer à cette guerre de chemins creux et de buissons, où il est si facile de blesser, et si difficile d'être surpris. Ces petites méchancetés s'élaboraient surtout dans les festins, les réunions littéraires, les cercles, les associations de tout genre^ qui ont exercé une si grande influence sur la vie sociale au temps de l'empire, et ont été souvent le dernier refuge de l'esprit d'opposition \ L'épigramme^ récitée la veille à la fin d'un souper, courait le lendemain dans les cercles politiques, colportée par les parasites, les affranchis et les amis du poète amateur. Rien ne se perdait dans ce monde si cultivé, qui attachait beaucoup d'importance aux derniers vers éclos contre l'empereur au pouvoir.

César subit des épigrammes de ce genre, qu'il accueillit d'ailleurs par une suprême indifférence. Il avait Ribulus pour collègue au consulat, mais il gouvernait la République avec une autorité si exclusive, qu'on s'amusait à

1. neauroup de petites pièces de vers, sans attaquer directement l'empire, clorifiaient Galon, Pompée et ses fils, etc. Elles paraissent en général être du premier siècle. (Voy. Riese, AnthoL /at., 397 sqq.)

Page 1