‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 304 sur 345 · Dt; Clem., i, 1 ; ii · texte numérisé non relu

Dt; Clem., i, 1 ; ii

de Sénèque; seulement cette fois le philosophe n'a pas devant lui un disciple docile, qui écoute respectueusement sa leçon ; il est réduit à défendre péniblement la cause de la tolérance contre un contradicteur qui déclare être maintenant d'âge à se conduire, et discute avec une hautaine mipatience la politique de Sénèque. Ce n'est plus une tranquille exposition, mais un dialogue ardent entre le maître et l'élève : « La clémence est le préservatif de la crainte. — Dites que la sévérité contre ses ennemis est la première vertu d'un chef d'Ktat. — Il est beau cependant de pardonner, de ne pas ensanglanter son règne, de donner le repos au monde, et la paix à son siècle. — Il est insensé plutôt de laisser vivre des citoyens enflés de leur naissance, dangereux pour le prince et la patrie, quand on peut d'un seul mot les envoyer à la mort'. »

Ceux qui poussaient le gouvernement de l'empire à une étroite surveillance des écrivains hostiles ou mdcpendants, et à la répression de leurs écarts, avaient-ils du moins pour eux des lois précises de police littéraire? On a toujours les lois dont on a besoin ; mais ici aucun travail d'imagination n'était nécessaire pour torturer quelque texte obscur, et lui demander des armes contre la littérature gênante. N'y avait-il pas cette vieille formule des Douze Tables sur le maliim cannen, dont Trébatius menaçait les médisances d'Horace^? Elle s'appliquait en effet sans difficulte à la diffamation littéraire ^ Lucilius et Attius se réclamèrent probablement de cette loi, quand ils se plaignirent au préteur des poètes qui les avaient raillés sur la scène '\ Au temps de l'empire, les jurisconsultes traitèrent de ce délit, et on trouve même, dans le Diyesfe, des décisions d'Ulpien sur les écrits injurieux \

Il n'y a pas de raison pour que les empereurs ne fussent

i. Odav., 4 12; 472; 495.

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