Suét., Oct
ceptes d'Auguste* », c'était s'engager d'avance à une administration libérale. Le public^ toujours occupé des motifs qui gouvernent ses maîtres, attribuait ces principes de tolérance à la sagesse de Livie. Après plusieurs conspirations durement réprimées par Auguste, sa femme, disait-on, lui avait conseillé de prendre les bommes par le pardon et la bonté, puisque la rigueur lui avait assez médiocrement réussi -.
Il gagna définitivement l'opinion. Auguste et Antonin ont été les empereurs les plus populaires de Rome. Mais le second venait après qu'un siècle et demi avait déshabitué de la forme républicaine, l'autre conquit du premier coup des hommes mal assouplis à un régime qui, malgré ses bienfaits évidents, froissait tant de souvenirs généreux et respectables. Cependant, si les signes de résistance furent rares pendant un règne si long, Auguste ne put désarmer tout le monde. A de grands seigneurs, comme Pollion, il suffit de se tenir un peu à l'écart, et de s'arranger pour n'avoir pas de service à demander à l'empire ; d'autres, moins gênés par leur importance et la grandeur de leur situation, lui font une opposition plus ouverte. Parmi les gens de lettres, en particulier, il y eut des mécontents^ : rhéteurs acerbes, peu mesurés dans leurs propos , et qui ramènent volontiers dans leurs leçons les souvenirs des guerres civiles, si favorables aux effets de la déclamation ; professeurs attachés aux maisons illustres dont ils avaient été les clients ; libellistes, faiseurs de lettres et de testaments imaginaires; poètes satiriques, pour qui tout est matière à épigrammes, irrités peut-être de n'avoir pu entrer dans le cercle de Mécène, d'avoir échoué au concours de la bibliothèque palatine, ou pour lesquels celui qui protégeait la nouvelle école, et plai-