Sén., ne Clem., i, 9 et 10: D. Cass., liv
3. Voy. plus haut, liv. n«, cliap. i", et aussi le chap. \'^' de ce livre V<^, pas si m.
sautait sur les vieux écrivains, ne pouvait pas être un bon administrateur.
En général, Auguste fit peu de cas de cette opposition. Mécène, à ce qu'on rapportait, lui avait donné le conseil de ne jamais introduire d'accusation, sous aucun prétexte, pour ce qui serait écrit contre l'empereur : « Vous devez être supérieur à de pareils outrages, lui disait-il, et trop élevé pour qu'ils puissent vous atteindre. Lorsque vous n'offensez personne et faites du bien à tous, il serait honteux de paraître même croire qu'on pense à vous injurier; il vaut donc mieux dissimuler ^ » Les avis du philosophe Athénodore, présentés quelquefois avec une brutale franchise qui ne déplaisait pas à Auguste, eurent aussi probablement sur sa politique une heureuse influence \ Tibère, jeune encore et ardent, se plaignait un jour avec amertume des libelles qui jetaient la déconsidération sur la famille impériale : (( Mon pauvre Tibère, lui dit le prince, vous écoutez trop la chaleur de votre âge. Ne vous fâchez pas du mal qu'on dit de nous; c'est assez qu'on ne puisse nous en faire \ » On ne trouve presque aucune trace d'enquête et de répression contre toutes ces petites pièces qui furent très nombreuses sous son règne, pas même contre les libelles qu'on osait faire circuler jusque dans le sénat. Suétone parle seulement d'une amende infligée à l'auteur d'une lettre virulente. On s'étonnait même un peu d'une longanimité excessive, qui invitait à de nouvelles attaques \ Si, vers la lin de sa vie, Auguste prit des mesures contre la licence des écrits diffamatoires, ce fut surtout pour protéger Thonneur des grandes familles.
Parmi les Grecs instruits, affranchis presque tous, qui recevaient une hospitalité honorable chez Auguste, et composaient sa maison littéraire, était le rhéteur Timas^ène,