‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 310 sur 345 · Suét., Oct., ."il · texte numérisé non relu

Suét., Oct., ."il

4. Suét., Ort., 51, 54 et 55; Sén., Con(rov.,x, Prasf.; Tac, Ann., iv, 34; Macrul)., Sat., ii, 4; etc,

historien aussi de quelque mérite * ; il avait écrit la vie du prince, ouThistoire des événements contemporains. Timagène était parti d'aussi bas que possible, ayant été cuisinier, puis porteur de litière; on ne nous apprend pas comment de là il était arrivé à occuper une chaire, et à jouer une sorte de personnage. C'était un homme acerbe, sans retenue dans ses propos, « trop libre, dit Sénèque le père, parce qu'il ne l'avait pas toujours été ». Les déclamations de Timagène, connue celles de quelques autres rhéteurs de ce temps-là, étaient redoutées pour les violences, les injures et les personnalités qu'il trouvait moyen d'y introduire'. Il s'abandonnait au plaisir de faire des bons mots sur Auguste et Livie. Les occasions ne manquaient pas; dans le ménage de l'empereur, il était facile de relever sans doute bien des petitesses bourgeoises, et des choses très vilaines qu'on essayait de cacher au public avec le plus grand soin; Timagène parlait inconsidérément et de ce qu'on pouvait dire, et de ce qu'il fallait taire. Auguste l'avertit plusieurs fois d'avoir à surveiller sa langue; il finit par le chasser du palais : ce fut toute sa vengeance. Aussitôt vingt portes s'ouvrirent devant Timagène; il choisit la maison de Pollion. Pour donner à Auguste une preuve de son mépris insolent, il brûla cette belle histoire composée à grand'peine. L'enqu'reur dissimula son dépit, et se contenta de dire un jour à Pollion : « Prenez garde, c'est une béte malfaisante que vous nourrissez chez vous. » Pollion fit de banales excuses, et répondit, avec une déférence affectée : « César, vous n'avez qu'à dire un mot, j"interdirai ma maison à Timagène. —Croyez-vous, dit-il, que je le lasse, quand je vous ai réconciliés. » En effet, Pollion avait été quelque temps en froid avec Timagène ; il mit fm à son ressentiment, précisément parce que celui du prince commençait '.

1. A. Marcell., xv, 9; Ouint., x, 1, To. Cf. Jos., Anlig. jud., xiii, 12.

2. Suidas, s. V.; Plut., dr Adid. et am., 27. Cf. Ou. convie, II, i, 1.3; llor. Ep., 1, XIX, 15, et Schol, ibid. * '

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