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calculs; car la première question qu'on lui adresse après son retour est celle-ci : « Hé bien ! Catulle, la Bithyuie vous a-t-elle rapporté beaucoup d'argent ' ? »
Mais les choses ne se passèrent pas tout à fait comme Catulle les avait arrangées d'avance. Aussitôt qu'il était question de largesses, Memmius n'avait plus d'oreilles, et la manvaise humeur du poète désappointé s'exhale même en grossièretés ridicules-. Memmius devait penser d'abord à ses propres plaisirs ; d'ailleurs un homme de son caractère avait probablement creusé dans sa fortune des gouffres énormes qu'il fallait avant tout combler. Peut-être aussi fut-il froissé des exigences de Catulle, et celui-ci fut sans doute assez imprudent pour lui faire entendre que ce n'était pas pour les seuls charmes de son commerce qu'on l'avait suivi en Bithynie ; les rapports étaient donc entre eux de plus en plus difficiles.
Cependant Catulle patienta quelques mois, retenu, comme il semble, par Helvius Cinna et ses autres compagnons de voyage ^ Enfin, il n'y tint plus, et annonça son départ pour le printemps suivant. Mais, par une dernière illusion, il espérait au moins que certains frais de route, restés à sa charge, lui seraient remboursés; il fallut encore renoncera cet espoir*. Catulle fit appel à ses dernières ressources, ou à la bourse des amis qu'il laissait avec Memmius, et fit voile pour les côtes de l'Asie Mineure. Il a chanté la joie de ce départ dans une pièce charmante ^ : «Voici le printemps avec ses tiède^ chaleurs; déjà les vents furieux de l'équinoxe tombent devant les silencieuses caresses du zéphire. Catulle, quittons les campagnes phrygiennes, et les plaines fertiles de la brûlante Nicée ; volons vers ces villes fameuses de l'Asie. Mon âme brûle d'impatience; je veux errer au