C'était prubableijient une histoire des guerres civiles
4. « QiKHita in illis libevlas fuit, quain eliam Labiénus cvlimuit! » (Sén., loc. cit.)
jugé avec sa morgue patricienne un Cassius, un homme de rien, un folliculaire qui se permettait d'écrire contre la noblesse; on peut croire que les rancunes de l'aristocratie, grossies de celles du Palatin, lui ont fait une réputation exagérée de cynique impudence ; de son coté, Sénèque aime à gloser sur ses chers confrères en déclamation. Mais, en supposant même dans tout cela un peu de partialité et de malignité, il semble bien que Cassius et Labiénus sont des victimes qui méritent une médiocre sympathie; il n'y a pas, dans leurs infortunes, de quoi faire grand tort au renom de libérale indulgence qu'Auguste a conquis par sa persévérante politique. Il n'est cependant pas tout à fait vrai de dire, comme a fait un ancien, que sous Auguste les paroles pouvaient apporter des ennuis, mais jamais des périls V Cette conclusion fera peut-être plaisir à ceux qui tiennent à trouver dans un empereur au moins un demi-tyran.
Le successeur d'Auguste est resté une des curiosités de l'histoire, et la peinture que Tacite en a faite un chefd'œuvre d'analyse morale. Cet homme dur, sombre, qui en politique ne donnait rien au sentiment, qui accomplissait désagréablement les actes les meilleurs, et gâtait tout par un air de sévérité repoussante, garda toutefois, pendant la moitié de son règne, les maximes de tolérance qu'Auguste lui avait léguées. Oder in/, dinn probcnt! c'était un des mots favoris de Tibère; on ne l'aimait pas, et il s'en souciait peu ; mais ses ennemis ne pouvaient l'accuser de mal gouverner l'empire, et d'abuser de la domination. Les magistrats étaient honorés, et remplissaient réellement leurs fonctions; le sénat discutait librement, et la justice ne donnait pas toujours raison au prince, dans ses ditférends avec les particuliers". Auguste avait l'autorité plus aimable, mais non plus respectueuse de ce qui pouvait rester encore de franchises politiques.