Tac, Ann., m, 41)-ol ; 1). Cass., lvii
=> Sur (Cl e^piiinnane de la parole, voy. Sén., de Bencf., m, 2G; Tac, Ann., IV, 09; v, 2; vi,l; Siiét., m., Cl; D. Cass., lvii, lli et 22: A. Vict., L>/7., 2.
LlîS GnXS DE LETTRES
blessures en attendant l'efl'et d'une lettre suppliante, et les rouvrit après avoir lu l'impitoyable réponse de Tibère \
Ce régime de tern^ur avait cependant des rémissions ; le prince était pris d'un scrnpnlc do modération, et d'un mot sévère il arrêtait la coniplaisance du sénat. Du reste, Tibère afFectait, comme par le passé, d'être insensible à ses propres injures, et de venger l'Ktat, non ses ressentiments privés, en frappant si durement des délits de parole. Trion avait fait un testament rempli de traits sanglants contre les affranchis du palais, et contre Tibère lui-même, accusant sa vieillesse imbécile et son exil de Caprée. Tibère fil lire publiquement cette espèce de satire, a soit, dit Tacite, pour prouver qu'il savait souffrir la liberté d'autrui, et qu'il dédaignait les choses ignominieuses qu'on disait sur son compte, soit qu'ayant été si longtemps à ignorer les crimes de Séjan, il voulut en répandre la renommée à quelque prix que ce tut, et apprendre au moins par l'injure les dures vérités que l'adulation ne laissait pas arriver jusqu'à lui". )>
Le gouvernement de Caligula commença par cette cérémonie qu'on devait revoir si souvent dans la suite : le nouvel empereur jeta au feu les dossiers des procès de lèse-majesté qui restaient encore du dernier règne, rappela les bannis, et jura qu'il ne recevrait pas d'accusations politiques. Il fit même rechercher et remit en circulation les œuvres de Cassius, de Labiénus et de CrénuUius Cordus, parce qu'il était le premier intéressé, disait-il, à ce que l'histoire fût écrite avec sincérité. On sait que la fin de son règne fut d'un fou, plus encore que d'un tyran; Tibère, même dans ses plus mauvais jours, était un despote procédurier, et en somme ces formes légales étaient une garantie quelconque; la cruauté de Caligula n'avait d'autre
1. I). Cass., Lvn, 22; Siiél., loc. cit.; Tac, Ami., \\, 9 el 39. — Pour Crémiitius Curdus el Mamernis, voy. plus haut. liv. V^, cliap. i''"". — Zenon, irrammairien ou rhéteur, fut exilé pour un ■ allusion uiïensante (Suél., T/^., 56).