Ann., vi, 3S. CC f). Cass., Ion. rit
règle que la fantaisie du moment. Des citoyens d'un rang distingué étaient flétris d'un fer rouge, envoyés aux carrières, enfermés dans une cage, sciés en deux morceaux, châtiments jusque-là inconnus, ou réservés aux malfaiteurs vulgaires. Citons, parmi les hommes de lettres condamnés sous Caligula, le rhéteur Carinas, le philosophe stoïcien Kanus, et l'auteur d'une atellane, qui fut brûlé pour un vers équivoque. On dit que Sénèque faillit périr, et fut sauvé par une observation sur sa mauvaise mine, qui ne semblait pas lui promettre de longs jours \
Claude n'eut pas d'affections ni de haines qui ne lui fussent imposées-. Cet homme timide, naturellement modéré, plein de bon vouloir, très attaché à son devoir d'empereur, fut cependant quelquefois cruel, ou plutôt ses femmes et ses affranchis le furent sous son nom, et presque à son insu; l'histoire si connue de Silanus, cette comédie concertée entre Messaline et Narcisse, qui se racontent en présence de Claude un songe effrayant, où tous les deux déclarent avoir vu Silanus attenter à la vie du prince, montrent de quelle manière on pouvait s'y prendre pour lui arracher les supplices. Mais, comme on ne rapporte aucun exemple notable de persécution littéraire sous son règne, nous ne croyons pas devoir nous y arrêter davantage ^
La clémence de Néron dura plus longtemps que ses autres vertus. Après l'assassinat de sa mère, il gouverna quelque temps encore avec modération, et même il prodigua d'abord les actes d'indulgence, pour faire croire qu'Agrippine seule mettait autrefois quelques obstacles à sa bonté '*. Arrivé au pouvoir par un coup hardi de Sénèque et de Burrhus, il avait besoin de se concilier l'opinion; il annonça donc aussitôt qu'il administrerait l'empire selon
1. Suét., Caitij., l.j, 16 et 21; \). Cass., lix, 6, iO et 22; Sén., de Ira, m, 18 et 19, et passitn; de Benef., iv, 21; de Tranq. an., 14.