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4. Tac, Hist., IV, 42 : « Oplimifs pnst malum principcm dics prùnuf. »
5. D. Cass., Lxiv, 8; lxv, 7; IMut., (Jth., 1 cl 3; Tac, Ihst., ii, 91 ; iv, 6. Cf. lùid., IV, 44.
la rancune d'une inimitié, qu'il mariait magnifiquement la fille de Yitellius. De plus, c'était un homme d'esprit, même un railleur, excellente disposition à être un souverain libérai. Les philosophes, les avocats, les libellistes, les poètes, les gens qui écrivaient des tragédies pour les récitations ne l'épargnèrent pas ; m.iis il aimait mieux répondre par des plaisanteries que par des châtiments. Si l'attaque était sérieuse, il lui arrivait de se défendre par des communications au public, peut-être par des îiffiches, où il exposait paternellement les principes de son administnilion, et prouvait l'utilité du gouvernement monarchique. On s'accordait à reconnaître l'extrême tolérance de Vespasien. et on convemiit qu'il n'y avait guère de règne sous lequel la parole eut joui d'une plus entière franchise'.
Mais alors, comment expliquer la persécution qui sévit un instant contre les philosophes? Ouand Vespasien fit son entrée à Rome, il trouva le parti des stoïciens et des cyniques très monté contre lui, et refusant même, il semble, de l'accepter pour empereur légitime. Sous couleur d'enseigner à leurs élèves l'indépendance de l'esprit et les mâles vertus républicaines, ils tenaient des propos iujprudents, séditieux, contraires à Tordre de choses reçu depuis Auguste. Des énergumènes de bas étage, Dioiîène etHéras, clabaudaicnt au théâtre, insultaient le peuple et le gouvernement. Mais ce qui était bien plus grave, des philosophes honorables, estimés pour leur ciu-actère, rendus plus saints encore par la haine de Néron, comme Démétrius et Ifelvidius, poursuivaient Vespasien avec un acharnement inexplicable. Démétrius ne le saluait pas, et l'outrageait en publie ; Helvidius, héritier intempérant des idées stoïciennes de son beau-père Thraséas, imitait sans à-propos une hauteur arrogante, qui n'avait plus de motif ni d'excuse sous un prince qui ne ressemblait en rien à Néron. Préteur en charge, il négligeait avec affectation de rendre à Vespasien la défé-
1. Suél., Vesp., 12 sqq. et 22; Tac.,/i/i7.. iv, S; l). Cass., kxm. 10 et 11: A. Vict., Csps., 9; Epif., 9.
rence accoutumée, et même de prononcer le nom de l'empereur dans les actes de sa magistrature : il le traitait, à peu de chose près, comme un simple particulier. On parle aussi d'invectives auxquelles il se serait oublié, surtout dans une certaine séance du sénat, où Helvidius aurait positivement insulté l'empereur, qui sortit de l'assemblée, fort ému d'une telle algarade. Voilà du moins ce qu'on rapporte; si tout cela est vrai*, on comprend que Vespasien, malgré sa modération et sa patience, ne put se dispenser de traiter en ennemis publics des hommes qui prenaient cette attitude factieuse. Mucien, auquel il devait presque l'empire, acheva de l'indisposer contre les stoïciens, en les représentant comme une secte de dangereux révolutionnaires, et de perturbateurs de l'ordre. Les philosophes furent chassés de l'Italie, à l'exception de Musonius. Helvidius, dont la résistance avait été plus violente, et surtout plus scandaleuse à raison de sa grande situation, méritait un autre châtiment, au dire des conseillers du prince. Celui-ci voulut pourtant lui sauver la vie, et il l'aurait fait, si on ne l'eût assuré à tort que l'exécution était consommée, et qu'il était inutile d'envoyer un contre-ordre. Bien que cette affaire reste assez obscure, il semble donc que les stoïciens furent frappés, non pour de simples écarts de langage, comme on en pardonnait à tant d'autres, mais pour s'être posés en adversaires des institutions existantes-.
Suétone attribue à Titus une mesure toute nouvelle. Après la mort de Néron, chacun s'était jeté sur les délateurs ; tout le monde voulait venger la mort ou l'exil d'un parent, d'un ami. Vespasien calma cette ardeur de représailles ; ce n'était pas sa politique d'éterniser les haines. H demanda l'oubli du passé; les accusateurs durent chercher un autre emploi à leur zèle, car cette « éloquence de lucre
1. Ce qui peut inspirer quelques doutes sur ces violences injustifiables attribuées à Helvidius. c'est que Tacite le représente comme un esprit généreux, un peu excessif même, mais nullement comme un énergumène [Htst.. iv. o et 6).