Suét., Vesp., 15; D. Cass., i-xvi, 12 sqq
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et de sang' » était inutile sous uu gouvernement si modéré et si large ; mais ils ne furent pas sérieusement inquiétés. Ces rancunes mal éteintes se réveillèrent sous Titus, qui ne contraria pas cette réaction violente. Sans doute, on ne toucha guère aux délateurs puissants, retranchés au sénat et dans les magistratures ; mais ceux de petite importance payèrent pour les autres, et furent vendus ou transportés dans des îles sauvages-.
Sous Dumitien, la délation eut le temps de prendre sa revanche, llégulus, Métius Carus, Massa l^éhius, Palfurius, et ce Catullus qui, a en perdant la vue, avait perdu toute honte et toute pitié ' », furent, pendant près de quinze ans % la terreur de tout ce qui osait écrire et parler un peu librement. Dans les souvenirs romains, le règne de Domitien est resté le temps de la plus odieuse oppression. Non pas que Domitien ait fait peut-être plus de victimes que Tibère et Néron; mais la tyrannie prit alors un caractère lâche et sournois; elle fut sans courage, basse, dissimulée, enveloppée de formes cauteleuses et piétistes. On ne pardonnait pas à Domitien cet air modeste et rougissant % et cette onction dévotieuse qui semblaient ajouter à la férocité la parodie de la pudeur et de la religion. Le prince fut cruel par jalousie, par rapine et par peur; par peur surtout'". Il tremblait devant ses victimes; la défiance lui représentait partout des fantômes de danger; il se cachait dans sa maison d'Albe ou de Rome comme dans une forteresse : « Le plus aifreux des monstres, dit Pline, avait environné son palais d'un rempart de terreur; tantôt s'y enfermant comme dans un antre, tantôt s'élanvant de son repaire pour porter le carnage et la mort dans les rangs les plus