‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 327 sur 345 · D. Cass., LXix, 3 et 23. Cf. Aur. Vict., Cies · texte numérisé non relu

D. Cass., LXix, 3 et 23. Cf. Aur. Vict., Cies

^•'2 l'KS GENS DE LETTRES

légères, sans lesquelles tant d'hommes d'esprit ne sauraient plus quel usage faire de leurs heures de loisir.

Marc-Aurèle laissait à son fils Commode une autorité qui paraissait solidement affermie dans la famille des Antonins par une longue habitude, et surtout par la reconnaissance et l'afiection de l'empire pour ce nom vénéré. Commode profita sans peine, pendant plusieurs années, de cette popularité; on peut dire que les Romains ne se détachèrent de lui qu'à regret. D'ailleurs timide et sans mahceS û resta bon, tant qu'il garda le conseil que lui avait formé son père. Malheureusement, il finit par se dégoûter de ces stoïciens et de ces graves jurisconsultes qui ne savaient pas le flatter; il écouta des hommes plus jeunes et

moins sévères, qui le poussèrent à se livrer sans contrainte au goût qu'il n'avait pas d'abord osé avouer pour lo^ exercices de l'arène. Commode fut le gladiateur de l'empire, comme Néron en avait été le chanteur, et Caligula le cocher. Cette passion ignoble en éveilla d'autres, que Pérennius et les nouveaux conseillers du prince ne contrarièrent pas, et il en vint peu à peu à passer pour a plus impur que Néron, plus cruel que Doniitien^ >, La délation politique, pour amsi dire oubliée depuis un siècle, reprit sa besogne d'espionnage, d'accusation et surtout de rapine "■; il faut remarquer, en effet, que le besoin d'argent a été souvent le point de départ de la tyrannie impériale \ La fortune des patriciens qu'on amenait devant le sénat suffisait à peine à payer les plaisirs, les spectacles, les fastueuses constructions de Néron et de Domitien. Au nombre de ceux qui périrent sous Commode, l'histoire signale des gens condamnés pour s'être permis des bons mots contre l'empereur \- c'étaient probablement des poètes, comme il y en

l. 1». Cass., Lxxii. 1.

1'. Lanipiid., Conun.. l!l.

'l. Voy. Mérod., i, 2:{.

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