‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 40 sur 345 · Oct., 85. Cf. Macrob., Sa/urn., n · texte numérisé non relu

Oct., 85. Cf. Macrob., Sa/urn., n

4. Vita lîorntii. — Voy., dans Suéltin;.' {Claud., 4), une assez longue lettre d'Auguste. Cf. Ocl., 69; 71; 8(;; etc. — Le- lettres d'Auguste sont constamment mêlées de mots irrecs.

vengeait de l'ennui d'être dieu, par des plaisanteries où le décorum impérial n'avait absolument rien à voir. Sa conversation ordinaire, surtout avec ses familiers, était spirituelle et enjouée ; elle avait cette belle nonchalance des esprits supérieurs, qui traitent la langue avec un dédain tout aristocratique, et n'ont guère souci d'un accroc à l'orthographe ou à l'usage. Auguste se permettait, en parlant à ses amis, de petites singularités de style, des manies, si l'on veut. Il ne disait pas, comme tout le monde : ce Je me porte mal aujom-d'hui, » mais : (< Je me porte vaporeusement. » 11 parait que nous lui devons l'expression : « Payer aux calendes grecques; » combien de gens^, depuis ce temps-là, ont renvoyé leurs créanciers à cette lointaine échéance ! Mais, en dehors du cercle intime où il pouvait se passer ces fantaisies, Auguste se piquait de parler comme tout le monde, avec une familiarité simple et de bon ton. Il ne pouvait souffrir ni les néologismes prétentieux, ni les termes surannés, volés au vieux Caton. <( Surtout, disait-il à sa petite-fille Agrippine, gardez-vous d'une recherche laborieuse. » Il ne tarissait pas en invectives plaisantes contre Tibère, grand amateur de vieilleries littéraires, et parodiait avec esprit les grâces molles et « les tresses parfumées )) de Mécène : « Salut, lui écrivait-il un jour, salut, mon diamant, ma perle, mon émeraude, mon rubis, mon ivoire dEtrurie * ! »

Tous ces traits donnent à Auguste une physionomie littéraire qui n'a rien de commun. Ce n'est pas, comme l'empereur Claude, un lourd pédant, stupidement figé dans l'étude, quand il faudrait gouverner l'empire ; moins encore peut-être un artiste frivole, à la manière de Néron. C'est un homme d'infiniment d'esprit, qui aime les lettres, et qui, sans négliger son devoir de souverain, leur demande le charme et l'embellissement de sa vie.

Mécène, on peut le dire, ne les aimait pas moins. Mais

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