‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 42 sur 345 · Ep. ad Litc · texte numérisé non relu

Ep. ad Litc

n'être que le premier des citoyens, content de la réabté du pouvoir, sans en ambitionner les titres fastueux.

Mécène entra dans ce dessein, ouplutotc'est lui sans doute qui l'avait suggéré. Maître du gouvernement de Rome, pendant que le prince achevait la guerre d'Egypte, il administrait la ville avec une fermeté vigilante, mais avec toutes les apparences d'un homme qui n'a d'autre souci que le plaisir*. Un jeune iuiprudent s'y laissa prendre. Lépidus, fils du triumvir, crut qu'il n'était pas difficile de conspirer, quand le préfet de Rome ne pensait qu'à sa parure, à ses viviers et à ses comédiens. Mécène le guettait cependant; l'affaire fut enlevée en un tour de main, sans éclat, si doucement, qu'on eut à peine le temps d'apprendre que Lépidus était mort-. Je ne sais si toute l'histoire romaine présente un homme aussi habile que Mécène. Il n'est pas, sans doute, de la première lignée des grands politiques, mais il excelle dans sa sphère moyenne. Voilà donc quelle fut sa pensée: il voulut gouverner discrètement^ presque sans aucun titre officiel, et en tout cas sans appareil; pour distraire et amuser l'attention publique, il se fit la réputation d'un épicurien, d'un jouisseur. Il exagérait même son jeu jusqu'à la charge, paraissant quelquefois en public vêtu de chiffons comme une femme, la tête ensevelie dans un pan de sa robe, et suivi d'une troupe de parasites, d'eunuques et de bateleurs. Il n'était même pas fâché qu'il y eût un peu de bruit autour de son nom, et il se gardait bien de faire démentir les histoires légères qui couraient sur son compte '\

En artiste consciencieux. Mécène prit devant le public une manière de parler conforme au personnage dont il s'était pénétré. Il affecta un langage maniéré, et écrivit dans

1. Vûv., (hms V<;11. Palorculus. un nirioux portrait du Mècoue (u. SS^. « Vir uhi res viqiliam c.rUjoret mna exxoniufs.... simid vero alif/uid ex negolio remit! i possrt. ntio ne Dtnllilus pœne ultra ferninaiii flucns. »

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