‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 47 sur 345 · Enrjd.. vr. COI >(\i\.: Oit ?qq · texte numérisé non relu

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dieux », Horace, sceptique et libre penseur, se frappait la poitrine, et déclarait éloqueinment qu'il fallait sans retard relever les images sacrées, et les temples en ruines'.

Il était opportun qu'Auguste, pour accomplir ces réformes avec plus d'autorité, ne passât point pour un homme ordinaire, qu'une consécration solennelle le présentât comme le descendant de Vénus et du prince des Troyens, comme l'héritier légitime de dix ou douze siècles. Virgile encore faisait voir en lui le lien naturel du présent et d'un loinlain passé ; il confondait dans le même poème l'épopée de la nation et l'épopée d'une famille, montrait que tout aboutissait à Kome, et que l'histoire romaine à son tour aboutissait à Auguste. Celui-ci, entré dans cette voie, ne crut pouvoir aller trop loin ; il se laissa diviniser, publicpiement dans les provinces, un peu moins ouvertement à Home et en Italie. En acceptant l'apothéose, il obéissait aux conseils d'une politique assez difficile à comprendre aujourd'hui, mais (|ui certainement était bonne, puisqu'elle était mise en pratique par un honune si avisé. Les poètes — souriant entre eux — répétaient donc que le prince était dieu, qu'il partageait l'empire du monde avec Jupiter, et Auguste, souriant aussi, laissait dire ce qu'il croyait utile à ses desseins.

Knlin l'empereur voulait assurer l'avenir d'une œuvre conduite avec tant de patience et de suite, en se choisissant un héritier capable de comprendre ses vues et de les continuer. On sait combien celte préparation d'un successeur fut laborieuse; plusieurs fois, des morts prématurées ou imprévues trompèrent les calculs et les espérances d'Auguste. C'est ici peut-être que le roh^ des écrivains a été le moins remarqué. A-t-on bien vu que tous les héritiers possibles ou éventuels de l'empire, Marcellus, Agrippa, Drusus, Tibère, ont été loués dans un magnilique langage. Les poètes s'attachaient à les mettre en relief, à les associer à la gloire du prince. On dira que les lleurs jetées sur la

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