‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 49 sur 345 · Sén., De Ira, m · texte numérisé non relu

Sén., De Ira, m

■ô. Sén., ihiil. ; Sén. le rbélour, Conirov., \, pr.rf. ; Suét., Oct., Tj'i; 70; etc. — Il nest pas possible d'oublier, parmi les écrivains les plus indépendants du rèîiie d'Auguste, Sénèque le rbétiMir et surtout le jurisconsulte Labéon; Tacite et .\ulu-(ji'lle (q)posent sa tierlé à la servile cuniplaisance d'Atéiiis Caj»it(»n. (Tac, Ann.. m, V\\ A. Ccil.. xiii, 12; etc.)

(î. IMut.. Unit., \:\: 2:5; 48; VA.

7. Cic, P/tili/jp., xtir, .">; Vifa ViiO-, G7; Servius, ad Ed.. vu, 26, et ix, .'^6.

i.i:s c.KNs ni' LEir.

LES GKNS DK LETTRES

étroits, jaloux, hargneux, aboyeurs de la gcnt littéraire *. Ces animosités cachaient souvent des passions politiques; on en voulait surtout à ceux qu'on appelait les courtisans d'Auguste. Voilà toute une littérature hostile, ou du moins peu favorable à l'empire.

Il y a donc, même au siècle d'Auguste, un grand nombre d'écrivains dont les sympathies politiques sont incertaines, d'autres dont la malveillance n'est pas douteuse. Cependant la littérature de ce règne, prise en gros, est évidemment gagnée au pouvoir, et travaille de son mieux à l'aider dans son œuvre. Auguste a pour lui tous les grands poètes, sauf peut-être Tibulle, et cela seul suffirait à donner une signitication gouvernementale au grand mouvement littéraire de cette époque.

Quand Horace, après la bataille de Philippes, revint à Rome très petit personnage, « les ailes coupées », il trouva presque tout de suite un protecteur bienveillant, qui accueillit à bras ouverts ce républicain d'occasion. Déjà Yarius était pris aux bienfaits d'Auguste, et déjà c'était un dieu qui avait fait des loisirs à Virgile. Un peu plus tard, ce sera le tour d'Ovide et d(î Properce, qui viendront l'un après l'autre mettre leur esprit au service de la cause inq)ériale. Manilius, ce ferme génie, ce demi-Lucrèce égaré dans un siècle nouveau, mettra son poème sous le patronage d'Auguste, et choisira la plus })elle place du eieh pour y placer la divinité du prince-.

Au-dessous de ces écrivains, combien d'autres dont les œuvres nous sont presque inconnues : Titius, Celsus, Julius Florus, Marsus\ et surtout le groupe lV)rt nombreux des poètes épicpies! Ils s'exerçaient à l'éloge du prince avec une ardeur infatigable; en général enflés, vulgaires, monotones ; mais les honneurs et même la considération, qui s'att.ichent à ceux qui font beaucoup de bruit,

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