‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 55 sur 345 · H, I, 224-228. j W. Mil, o · texte numérisé non relu

H, I, 224-228. j W. Mil, o

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turcs publiques : Auguste les encouragea de sa haute approbation ; il y assistait souvent lui-même ; et ses applaudissements étaient encore une récompense fort goûtée des poètes. Le concours de la bibliothèque palatine fut établi dans la même intention. Avoir ses ouvrages et son buste dans ce sanctuaire, c'était le vœu suprême d'un poète à la mode; pour exprimer le dernier degré de la béatitude, on disait : u Heureux Fannius, qui a pu consacrer de sa propre main son image et ses écrits' î »

Est-il besoin de rappeler qu'aux vrais, aux grands poètes, Auguste et Mécène réservaient d'autres témoignages de leur estime et de leur amitié? Ceux-là se souciaient médiocrement des faciles succès mendiés par l'emphase d'une lecture, des récompenses vulgaires décernées dans un concours, et même ils osaient parler de ces institutions avec une irrévérencieuse ironie'. Ils faisaient moins de bruit que les autres, et même ils ne demandaient rien, mais on leur donnait ce peu qu'ils ne demandaient pas. Oue leur fallait-il pour atteindre cette petite aisance à laquelle ils osaient à peine aspirer? Quelques arpents de terre, un jardin, une source d'eau vive, un bouquet de bois sur la lisière de leur domaine ; c'est assez pour llàner délicieusement sur les bords de la Digence, et écouter les loncues histoires du bon voisin Cervius. Mais aussi, à ces hommes peu exigeants, le prince et Mécène donnaient ce qu'ils refusaient aux autres, les douceurs d'un commerce intime et familier. Aux poètes du commun, les prix dans les concours, les lauriers, les applaudissements; mais à Varius, à Virgile, à Horace, à Tucca, les confidences d'une amitié simple et sans faste, qui rapprochait des fortunes si diverses.

Nous finirons cette légère esquisse de la vie littéraire au siècle d'Auguste par un épisode, dont nous emprunterons

1. Hur., SV/^., I, IV, 21. — Voy., sur les lectures publiques et les concours, liv. IV, (ha p. V.

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