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un autre, ou quand le silence est à charge à César'. » Ce dernier trait, d'une fade courtisanerie, suffit à nous mettre en garde contre un pareil récit.
Nous ne voudrions pas même accepter sans réserve ce touchant épisode, cette scène si souvent refaite où Ton nous montre Virgile lisant devant la famille d'Auguste l'éloge funèbre de Marcellus, Octavie presque défaillante, tous les témoins pleins de sanglots. On ajoute qu'Octavie aurait fait compter dix mille sesterces au poète pour chaque vers de cette page'. Cette conclusion est bien bourgeoise, et mérite fort peu de créance; elle ne semble digne ni de Virgile, ni de ses nobles amis. Le reste même de cette histoire n'est peut-être pas phis authentique ; aucun des nombreux historiens d'Auguste ne dit un mot de cette dramatique lecture, et même Sénèque semble la contredire ; car il nous apprend qu'Octavie, pour ne pas laisser d'aliment à sa douleur, défendit de faire aucune image de Marcellus, de prononcer son nom devant elle, et de lui montrer les vers écrits k sa mémoire \
Que faut-il enfin penser d'un autre fait très singulier, souvent allégué par ceux qui accusent la servilité ou la complaisance de la littérature sous le règne d'Auguste? Servius nous apprend que Virgile, dans une première édition des Géort/iqucs, avait terminé le quatrième livre par un long éloge de Gallus. Après la disgrâce et la mort du grand personnage qui avait protégé ses débuts, Auguste lui <c ordonna » de changer les dernières pages de son œuvre, et le poète, trop docile aux ressentiments du prince, aurait remplacé les louanges de Gallus par l'épisode d'Aristée\ Si cette anecdote est vraie, si Virgile a subi une telle exigence, il faut avouer sans détour qu'un grand génie a
1. Vita, 77. - Ce IMiilislus est petil-ùlre le même (jne le mimu?raplie Philislioii.