‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 67 sur 345 · E/>., H, I, 1-i. Cf. l. xiM · texte numérisé non relu

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votre Horace. Il passera donc de \otre table hospitalière à notre palais, et nous aidera h écrire nos lettres \ » Horace refusa cet honneur avec une fermeté respectueuse, alléguant Tétat précaire de sa santé ; en réalité, il craignait de sacrifier un peu de son indépendance. Auguste d'ailleurs ne marqua aucune humeur de ce refus, et il répondit h ce singulier courtisan, qui ne voulait point de la laveur la plus enviée : « Usez librement de vos droits sur moi, comme si vous étiez devenu mon commensal... Du reste Septimius, notre ami commun, vous dira quel cordijd souvenir je conserve de vous; si vous avez dédiugné les preuves de mon affection, je ne vous rends pas mépris pour mépris*. » Le tour de cette lettre fait bien voir ce que furent, pendant d'assez longues années, les rapports personnels d'Auguste et d'Horace; celui-ci se défendait poliment contre des instances qui lui paraissaient trop pressantes, et sans doute il fréquentait la société du prince moins souvent qu'on ne l'aurait souhaité.

Cette réserve qui inspire la conduite d'Horace peut aussi se remarquer dans ses œuvres. Il faut bien qu'Auguste l'ait trouvé un peu fier, puisqu'il lui reprocha, toujours sur le même ton d'aimable gronderie, de ne pas voir son nom parmi ceux à qui le poète adressait ses épîtres : « Je suis fâché contre toi, lui disait-il, parce que, dans la plupart des ouvrages de ce genre, ce n'est pas avec moi que tu causes de préférence ; penses-tu que cela pourrait te faire tort auprès de la postérité, d'avoir passé pour mon ami '? )> Voilà encore un mot bien expressif. Soit crainte des jugements de l'avenir, comme le disait Auguste, soit plutôt aversion pour l'apparence mCnuv de l'obséquiosité, il semble qu'Horace avait peur d'en trop dire, et d'être noté pour un panégyriste excessif du pouvoir. Louer l'empereur !

1. « Veniet ab ista paras/ tica t/icnsa ail liane rt'.ïiam. » Les mois que nous soulignons ne sont évidemment qu'une plaisanterie tlAugusle.

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