Voy. Od., IV, 4 cl
dans des termes pressants. C'était bien un ordre, si l'on veut, mais dans le sens le plus flatteur et le plus délicat de
ce mot.
Nous reconnaissons d'ailleurs que ce quatrième livre des Odes, écrit par Horace cinq ou six ans avant sa mort, est, plus que les autres, tout plein du nom d'Auguste et du retentissement de sa gloire. Le ton y est à la fois plus élevé et plus tendre; c'est là qu'on trouvera ce magnifique abrégé du règne d'Auguste, où rien n'est oublié des bienfaits, des réformes et des triomphes du prince*. On y trouvera aussi cette ardente prière du poète, qui supplie Auguste, absent depuis deux ans, de revenir à Rome.
Divis orte bonis, opliine Uomuleai Custos f^eutis, abes jam nimiuiii diu; Maturum reditum pollicitus Palrum
Sancto coucilio, redi.
Lucem redde ture, dnx bone, patriic; Instar veris euim vultus ubi tuus Atîulsit populo, jrratior it dics,
Et soles n)elius niteut^.
On sent là, cette fois, un sincère accent du cœur. Celui qui écrit ces beaux vers, ce n'est plus seulement le poète politiquement converti au gouvernement d'Auguste, ou l'historien éloquent de son règne, c'est l'homme entré enfin dans le commerce du prince.
Horace était donc alors définitivement conquis; il était entré enfin dans ce cercle restreint qu'Auguste n'ouvrait qu'à un petit nombre d'amis de choix. C'est sans doute en ce temps-là qu'Auguste plaisantait sur la taille courte et ramassée du poète, et crayonnait sa caricature avec une gaieté un peu grosse ^