‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 71 sur 345 · Of/., IV, y · texte numérisé non relu

Of/., IV, y

3. « Vereri mihi videris, ne majores lihelli tui sint, quam es ipsc. Sed si tibi statura deest, corpusculiim non deest ; itaqun licebit in scxtariolo scribas, quiim circuilus voluminis tui sit ôyxwôsjTaTo;, sicut est ventriculi tui. >) [Vila Uoratii.)

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Cependant Horace, avec son sens parfait des convenances, comprenait qu'il ne pouvait répondre à ces gaietés du même style pittoresquement bouflbn. Dans les vers les plus affectueux (pfil écrit pour l'empereur, il sait encore garder les justes distances, et même il n'est peut-être pas difficile d'y démêler comme un dernii-r reste de réserve. C'est ce qu'on voit très bien dans cette jolie épître à Yinius Asella^ qui donne assez exactement le ton des rapports d'Auguste et d'Horace, pendant les dernières années de la vie du poète. Horace est alors à la campagne ; il expédie à Rome Yinius Asella, avec la commission de remettre à Auguste un recueil de ses poésies. Mais quels minutieux conseils il réitère au porteur de cet envoi : c( Ne raconte pas au premier venu, sur ton chemin, que tu te donnes de la peine pour porter des vers destinés aux yeux et à l'oreille de César. Ne vante pas sottement ta marchandise, comme un ane qui secoue son bat d'un air important, car on te rappellerait le beau surnom que tu dois à ton père. Surtout pas de zèle! Mon pauvre Asella, ne gâte pas mes affaires por ton indiscrétion : \e studio nostri pecccs! Ne va pas jeter mes vers à la tête de César; tu ne les donneras, écoute-moi, que si le prince est en bonne santé, s'il est de bonne humeur, enfin s'il veut bien les réclamer lui-même. » Comme on le voit, ce qui domine encore ici, c'est toujours la crainte,% sans doute peu sincère, de devenir importun. Mais c'était sa manière à lui de faire la leçon aux empressés, de défendre sa liberté, et de ne se livrer qu'à demi à la familiarité d'Auguste.

La liaison d'Horace et de Mécène a un tout antre caractère d'intimité cordiale et profonde. On sait comment naquit cette longue amitié de trente ans, dont l'histoire des lettres offrirait à peine un second exemple. Uuand Horace, tombé de ses rêves de gloire, devemi un pauvre scribe dans

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