‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 72 sur 345 · EtJ.. I. \IM · texte numérisé non relu

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l'administration de la questure, eut donné au public ses premiers essais, Mécène voulut connaître l'auteur de ces petites pièces lyriques, peut-être sans grande portée, mais où quelques idées caustiques étaient habilement jetées dans le vieux moule archilochien ' ; Virgile et Yarius lui avaient dit d'ailleurs tout le bien possible de cet homme charmant. Horace lui fut présenté dans les formes; mais cette première visite fut assez froide. Mécène parlait peu ; Horace, naturellement gauche et timide, avait une contenance embarrassée et pénible ; il balbutia au hasard, comme un enfant qui rougit devant le maître, quelques paroles sans suite, il est d'ailleurs probable que les souvenirs de Philippes le gênaient un peu, et sans doute il s'attendait à quelque allusion sur son j)assé politique. Bref, cette présentation paraissait à peu près manquée. Neuf grands mois se passèrent sans que Mécène semblât se souvenir d'Horace. Cependant il ne le perdait pas de vue, il le suivait de loin ; tout à coup, quand il fut sûr de son homme, il le rappela pour lui demander s'il voudrait bien être « du nombre de ses amis^ ».

Yoilà comment, de la façon la plus simple du monde, sans avoir sollicité cette faveur, sans l'avoir achetée par aucune complaisance, le fils de l'affranchi de Yénusia fit doucement son entrée dans ce cercle mystérieux, fermé à toute intrigue et à toute vulgarité. M. Patin a saisi avec un rare bonheur le caractère de ce commerce exquis : « Autour de la demeure des Esquilles, s agite la foule inquiète des nouvellistes, des solliciteurs, des ambitieux subalternes, qui voudraient bien y pénétrer, qui se travaillent, s'intriguent pour en forcer la porte, qu'on a soin de leur tenir fermée. Plus heureux qu'eux, envié d'eux, fendant à grand'peine cette presse importune, y est admis, quand il lui plaît, un fils d'affranchi, grand poète, présenté par d'autres grands

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