‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 75 sur 345 · Sa t., I. III · texte numérisé non relu

Sa t., I. III

poussière, sans faron, dans le cabinet de Mécène, et celuici riait de sa barbe incorrecte, de sa toge mai drapée, et de sa tunique un peu usée '.

Si l'on peut juger ces choses à distance, ïloracc paraît avoir été, dans la société la plus intime de la maison des Esquilles, l'homme tout particulièrement cher au cœur de Mécène. 11 aimait son poète « plus que ses propres entrailles- », selon le biographe d'Horace; une foule de traits semés dans les œuvres de celui-ci ne permettent pas en effet de mettre en doute la force et l'infinie tendresse de leur fraternelle affection \ On a souvent cité la touchante expression : « Virgile, la moitié de mon àme. » Horace l'a retrouvée, ou peu s'en faut, pour Mécène : Te meœ partnn animœ\ C'est à lui qu'il réserve les mots les plus forts et les plus tendres :

0 ot pr.Tsicliiim, ot diilc;^ dociis nieum^!

To vila si superstito .Iiiciinda; si contra, "gravis 6,

Dans une ode célèbre, il promettait solennellement à Mécène de ne pas lui survivre : « Toi, mourir avant moi! Si tu t'en vas le premier, pourquoi tarderais-je à te suivre, en survivant à une moitié de moi-même ? L'autre serait pour moi sans charme et mutilée. Ce n'est pas un friv(»le serment; inséparables compagnons, nous partirons en-

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