Ihhl
''\. IV, 1. 71 >(p|.
; i'<V.^ sqq.
LES GKNS DK LETTRES
ponse aux pressantes invitations de Mécène, que ce songe où il se vit mollement étendu sous les ombrages de Tllélicon : « Je me croyais, dit-il, assez de vigueur pour chanter Albe et les exploits de ses rois. J'approchais déjà mes lèvres de la source où s'abreuva jadis Eimius; mais Apollon me guettait, caché derrière un laurier : « Oue fais-tu, mal- » heureux, près de cette onde qui ne coule pas pour toi ? » qui t'a ordonné de toucher imprudemment à l'épopée ? » N'espère pas tirer de là quelque gloire, et contente-toi » de fouler d'une roue léi^ère nos riantes prairies. » Le poète s'en va, un peu triste et décontenancé, et suit un petit sentier qui le conduit tout droit dans la grotte des Muses. Là, Calliope veut bien à son tour lui donner dii> conseils, et, à grand renfort de ligures, elle défend à Properce c( de prendre en main la trompette, et d(; lancer son coursier dans les combats' ».
Mécène souriait de pareilles défaites ; mais il ne les acceptait pas. On attendait donc toujours de Properce un bon et solide poème sur le règne d'Auguste ; et notre poète était sans cesse obligé de se défendre contre ces importunités - : pourquoi veut-on le lancer sur un Océan immense? les larges voiles ne conviennent pas à sa petite embarcation. Les aptitudes sont différentes, et il ne faut pas forciT les vocations. D'ailleurs l*roperce suit les propres principes de son protecteur; il s'inspire de ses exemples. Mécène pourrait, s'il en avait la fantaisie, faire porter devant lui les faisceaux consulaires ; il refuse les honneurs. Pourquoi donc trouve-t-il mauvais qu'un chétif poète refuse de toucher aux sujets ambitieux? Cependant Properce se ravise tout à coup : oh ! si Mécène, habile à tous les arts, voulait lui servir de guide, lui montrer comment on mène une épopée, peut-être se risquerait-il à sa suite, et il chanterait, sinon Auguste, au moins les origines de Rome. Le perfide î il