‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 82 sur 345 · Ilur., Hat.^ Il, M, G(l; Virjj., Gcorri.^ ir, îj · texte numérisé non relu

Ilur., Hat.^ Il, M, G(l; Virjj., Gcorri.^ ir, îj

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Rome elle-même... Mais, est-ce une erreur? Les traits gravés dans cette image ne sont-ils pas irrités contre moi? Dans ce regard, n'y a-t-il pas je ne sais quoi de dur et de menaçant? Pardonne, héros plus grand par tes vertus que l'univers entier, ne me frappe pins avec le fouet de ta juste vengeance. Pardonne, éternel honneur de notre siècle' ! »

Ovide ira jusqu'à louer Auguste de sa clémence î il le remerciera d'avoir lui-même vengé ses propres ressentiments, de ravoir condamné sans jugement régulier! Le prince pouvait le tuer, il s'est contenté de le bannir; Ovide est touché de cette modération qui ne va pas tout à fait jusqu'au bout de la vengeance! Il élève un petit sanctuaire à la divinité d'Auguste, et se prosterne dévotement devant l'image impériale. Le pauvre poète ne savait qu'inventer pour fléchir son maître et arracher son pardon : il fit un poème sur les victoires de Tibère'. Il imagina enfin d'écrire en vers gétiques l'éloge d'Auguste et de la famille impériale. Un jour qu'il venait d'en lire une page à un auditoire de Tomitains, im barbare lui dit : « Ce que tu as écrit de César aurait du te ramener dans l'empire de César. » Ovide ajoute tristement : a C'est déjà le sixième hiver que je suis enfermé dans les glaces du pôle ^ ! »

Le calcul qui inspirait tant de plates tlatteries se trahit ici assez naïvement. Du reste, cette grande dépense de bassesse fut perdue ; Auguste parut un instant disposé à prêter Toreille à ces longues suppUcations qui lui arrivaient de l'exil, mais il mourut sans avoir rapporté l'ordre de bannissement, et les adulations d'Ovide vinrent échouer devant rinditférence de Tibère '*.

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