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rentes. Les empereurs prétendent souvent imposer leur onéreuse tutelle: quelques-uns s'arrogent sur les lettres un droit régalien de haut domaine : ils veulent les régenter suivant leur fantaisie ou les besoins de leur politique, et, en somme, l'iniluence des Césars est rarement profitable aux écrivains.
Le patronage des grands est une servitude moins lourde ; il n'oblige pas nécessairement à prendre un ton obséquieux et rampant. On peut d'ailleurs le refuser, le discuter, ou bien le maudire ouvertement, tout en le subissant. Il faut donc étudier séparément la condition des gens de lettres dans leurs rapports avec la noblesse romaine, et avec le pouvoir impérial ^ .
A mesure qu'on s'éloigne de la République, le nombre des anciennes races patriciennes diminue à tel point, que bientôt il n'y a guère que des noms nouveaux dans le Sénat; beaucoup de nobles avaient succombé dans les guerres civiles et les proscriptions, d'autres furent tués par les mauvais princes'; quelques familles s'éteignirent naturellement. Dès la fin du premier siècle, la classe supérieure de la société comprenait surtout des provinciaux appelés aux honneurs du Sénat, des officiers élevés par l'avancement jusqu'aux premiers grades, des chevaliers enrichis, des affranchis et des fils d'affranchis, des parvenus de toute nation et de toute origine.
Cette aristocratie n'était pas moins riche que Tancienne ; mais avait-elle les mêmes goiits de libéralité, de représentation et de magnificence? Il paraît avéré que, depuis les Antonins et même les Flaviens, on vécut plus simplement, soit que les mœurs fussent en effet devenues plus modestes, soit que ces hommes d'une couche plus récente eussent un peu gardé les habitudes et la simplicité de leur médiocre origine. « Autrefois, dit Tacite, les familles qui
1. Pour les rappnrU des irens de lettres avec les Césars, voy. le livre suivant