IX, 56. Cf. V. o
ET LEURS PROTECTEURS k ROME. 110
Il y a, dans la vie de Stella, un événement que nous connaissons très bien : c'est son mariage avec Yiolantilla. Longtemps, paraît-il, il avait soupiré sans succès, en l'honneur d'Ianthis*, des élégies qu'on savait dans tous les circuit de Rome*; mais enfin, il finit par épouser Yiolantilla. Ce fut l'occasion d'une véritable débauche d'épithalames : chacun des poètes qui fréquentaient la maison de Stella voulut envover le sien'\ Nous avons encore ceux de Martial et de Stace; ils ont traité le sujet selon leur tempérament, Martial en gamin spirituel, Stace sur le ton épique, et dans toutes les règles de l'art'*.
Beaucoup de chevaliers confinaient à l'aristocratie par leurs richesses et leurs emplois ; on n'est donc pas surpris de trouver, dans les premiers rangs de cet ordre, des hommes qui sont en situation d'accueillir chez eux les gens de lettres, sans paraître se hausser au-dessus de leur condition, et sans se donner le ridicule de jouer au bourgeois gentilhomme. Tel est, par exemple, Atédius Méhor% homme d'une petite ambition, d'une grande fortune, qui restait au second rang, peut-être pour s'épargner l'ennui et les charges onéreuses du premier, et se donnait le plaisir d'offrir d'excellents repas dans sa belle maison du Cœlius.
Au nombre de ceux qui recevaient les gens de lettres avec empressement, par vanité ou par goiit, il y en a dont il serait difiicile d'indiquer avec précision le rang social : soldats, grands propriétaires terriens, professeurs illustres, jurisconsultes, et sans doute aussi des parvenus d'un ordre inférieur, négociants, gens de finances, anciens crieurs publics devenus de cossus personnages. N'oublions pas surtout les avocats ; ce sont les hommes les plus remuants de Rome, et l'on peut dire qu'à bien des égards, même quand
i. C'est l'équivalent de Viulantilla (Mart., vi. 21; etc.).
2. Stat., Silv., i, 2, 112 et lî)7. — Sur les vers de Stella, voy. aussi Siiv., I, Prâpf.; Mart., i, 8; vu, 14; xii, 3.
3. C'est du moins ce qui semble résulter de Stace, Silv.. i, 2. 247 sqq.