‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 96 sur 345 · Voy. m, Prol. et EpiL;i\, Prol. et Epil. ; v · texte numérisé non relu

Voy. m, Prol. et EpiL;i\, Prol. et Epil. ; v

dans une humble supplique, demande à son patron des preuves de bienveillance plus solides qu'une platonique approbation.

Nous connaissons à peu près maintenant ceux que leur naissance, leur rang social ou leur fortune désignent naturellement pour être les Mécènes de leur siècle. Mais sous quelle forme s'exerce ce patronage littéraire ? Quels services les gens de lettres sont-ils en droit d'attendre de leurs protecteurs ?

Il y a bien des témoignages de bienveillance qui demandent seulement un peu de zèle et de bonne volonté : lire les vers d'un ami, ou même prendre la peine d'aller les entendre dans une séance publique, les faire connaître et les louer dans son entourage, tout cela n'est guère onéreux. Malgré un dédain affecté pour les félicitations banales, les poètes étaient au fond très sensibles à ces compliments qui tombaient de si haut*.

Un homme influent pouvait encore obtenir pour son protégé quelque faveur, un privilège, un titre qui flattait infiniment sa vanité. De tout temps, gens de lettres et artistes ont été des enfants qu'on mène où Ton veut, selon le siècle, en leur montrant, tantôt un brevet de tribun honoraire, tantôt un petit morceau d'étoftè rouge.

Les grammairiens, les maîtres de rhétorique ou de philosophie, gens plus ou muins nomades, ne pouvaient pas en général se passer de recommandations, quand ils arrivaient dans une ville nouvelle. Des personnages influents se chargeaient de les présenter au public, ou de les introduire dans une famille, s'ils préféraient le préceptorat privé. Fronton s'est plusieurs fois acquitté de cet office honorable avec ce ton d'exquise honnêteté, qui fait tout le charme de ses lettres". Pline le Jeune, dont l'active bienveillance guettait le moindre service à rendre, recom-

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