‹ Les gens de lettres et leurs protecteurs à Rome [microform]Chapitre 98 sur 345 · Plin., Ep., VIII · texte numérisé non relu

Plin., Ep., VIII

3. Hor., Ep., I, XIX, 37; Ad Pis., 420. Cf. Por.>., i. 53 sqq.

4. Il consistait surtout dans une chaire pour le lecteur, et des bancs pour l'auditoire.

o. Dia/. Or.. 9: Juv.. vit, 39 sqq; Plin.. Ep., viii, 12.

LKS g1':ns de lettres

un jour'. » Eh bien! je ne crois pas que ce mépris soit sincère : philosophons tant que nous voudrons là-dessus, nous aurons toujours une considération instinctive pour celui qui a du pouvoir, ou qui est servi par un nombreux domestique. Au fond, Martial était enchanté d'être vu avec les grands de Rome, et de fréquenter leurs palais : u Ils peuvent crever de jalousie », disait-il de ces Bavius qui clabaudaient contre lui, « oui, je suis agréable à mes puiss;uîts amis, et ils veulent bien m'admettre à leur table ^ ! » Et ailleurs, dans un bel accès de reconnaissance : « Arrière celui qui se permet de mépriser la robe de pourpre, d'attaquer, dans ses vers sacrilèges, ces matrones et ces grands qu'il devrait respecter'^ î »

Yoilà, si je ne me trompe, les vrais sentiments de Martial, et de presque tous les hommes de lettres, excepté dans les jours de mauvaise humeur, où la lourde arrogance d'un protecteur leur avait fait brutalement sentir la chaîne. Aussi travaillent-ils à s'insinuer dans le commerce des nobles ; nous avons encore une espèce de supplique d'un poète inconnu qui demande humblement ses entrées chez les Pisons '*. Il est agréable de compter parmi ses amis les premiers citoyens de Home, de s'élever au-dessus du vulgaire, en vivant avec des gens revêtus de la robe prétexte % et de dire à tout propos, dans la conversation: (( Je sors de chez Camérinus... Hier je suis allé, sur le soir, offrir à Plinius Sécundus mon dernier livre d'épigrammes : il m'a fait un accueil charmant... L'autre jour, Silius nous a lu en petit comité quelques pages de son poème sur les guerres puniques... Savez-vous bien qu'un de nos illustres veut absolument avoir mon portrait dans sa bibliothèque? c'est une tyrannie insupportable!...

Page 1