I.ÜCIE
Que tu es donc sotte de pleurer comme cela!
MARION , de meme.
Eh bien! c’est plus fort que moi, là!
CÉSAR
Voyons... sais-tu ce qu’il faut faire, ta Mariette, quand il viendra te chercher querelle?
MARION, rolcvant la tète en s'essuyant les ycus.
Oui, voyons, qu’cst-ce qu’il faut faire?
CÉSAR
11 faut accueillir sa méchante humeur... sans lui faire l’hon-
• Lncit» assise^ César, Marion, Pbcitlc assise sur la causeuse.
neur de la remarquer, et, en trois leçons, je (e promets le calme plat!
MARION
Oui, niais s’il est trop plat?
CKSAR.
Ah! que veux-tu, je t’indique le meilleur procédé... celui que je recommande à Lucie, si je m’avise jamais d’avoir mal aux nerfs quand elle sera ma femme, (n passe à Lucie ci va pour l'cmbiaswr,
Manou «e fcnthc cl legarJe, César ('anèle cl dit à Marion : ) Eh bien ?
MARION
Ah! c’est bien! c’est bien, je m’en vais.
(Elle rcmotile vers PiüciJc j
CKSAR, à Lucie,
N’est-ce pas, petite cousine, que tu seras ma femme?
LL CIE, cmliarrassc'e el jonaol avec ta tapisserie.
Mais...
CÉSAR, lui baisant le rront.
Va, tope là, mademoiselle Lucie! et je te' jure que tu seras heureuse! Je sais bien, chère enfant, que j’aurais dO y mettre un peu plus de mystère et de cérémonie... Mais que veux-tu? entre parents... Ainsi je t’ai aimée d’abord comme une gentille petite sœur, puis comme une charmante cousine, puis comme une belle jeune tille... voici que je commence à t’aimer comme celle qui doit être ma femme... cela s’est fait peu à peu... un jour l’un, un jour l’autre, sans y penser... C’est bourgeois, c’est vulgaire, c’est pot-.au-feu !... mais c’est comme cela. Si bien que si tu me disais : « Décidément, mon cousin, j’ai rélléchi... c’est non!» Eh bien !... (s’aiiinidiiisant.) Voilà! c’est bêle, un homme qui pleure... mais voilà.
LUCIE, Tîvemciil.
Mais c’est oui, c’est oui!
CÉSAR, cssiiyanl une larme.
Eh bien!... c’est égal... il faut que cela sorte! (ciiaogeani de ion.) C’est cette petite fille avec ses nerfs!
MARIO N
Moi !
PLACIDE
Ah! oui, mademoiselle, vous en avez des nerfs!