JOFFKE DAUIUA EST APPELE A LA COUR DU ROI
ais au loin s'amassait lentement un gros orage qui allait / fondre à l'iHiproviste sur la famille comtale. « Comme ^J l'envie est de tous les temps, dit le chroniqueur Père Tomicli, et quelle réside principalement en la cour des rois et des grands seigneurs, il y avait en ce temps-là à la cour de France un comte que l'on appelait Salomon qui, tous les jours, disait et faisait dire au roi du mal de JollVc d'Arria, comte de Barcelone et marcpiis de la Marche de Gothie ». L'empereur et roi Louis-le-Pieux était mort, et ses fds s'étaient partagé l'Empire fondé par Charlemagne. L'un d'eux, Charles-le-Chauve, avait « le Royaume de l'rance « qui comprenait la Marche de (iothie.
Salomon, d'origine franke, était comte de Roussillon et de Cerdagne, mais il ne faisait que de rares apparitions dans ces pays ; il préférait vivre à la Cour. Arrogant, |)résomptueux et (l'une insatial)le ambition, il avait la rage au ccrui' (le|)uis le jour où le Catalan .lollVe d'Arria avait reçu des mains du roi Ixiuis-le-Pieux le gouverncmenl du c(jmlr de Harcelonc cl de la Marche de (lolhic. (|tril coiivr)itait ardemment ; i\ nourrissait <lonc contre le vaincpuiir du col de Terranera une véhémcule jalousie (|ui .se traduisait par des calomnies lancées hahilemenl.
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C'est ainsi (jii'il assurait à Charles-lo-Chaiivc que .lofTre voulait secouer le jouj^ de l'autorité loyale j)our se rendre indé|)cndant dans son gouvernement de la Marche et s'en faire l)r()clanier roi ^
(Ihailes s'émut à la longue et prêta l'oreille aux méchants discours de Salomon ; il envoya donc à Narhonne des missi ou conmiissaires royaux qui, de cette ville, devaient inviter le comte de Barcelone à venir les y rejoindre et les suivre à la Cour.
.loflre prit connaissance du message des commissaires royaux et décida de se mettre en route dès le lendemain pour se rendre à Narhonne. Il envoya aux gouverneurs (jui conmiandaient sur la frontière l'ordre de veiller pendant son ahsence à la garde de la Marche pour piévcnir les surprises des Sarrasins.
Kn même temps il lit j)art à la comtesse Almira de son désir d'emmener avec lui le jeune Poilu qu'il voulait présenter au roi de France. L'enfant, déjà formé à l'exercice du cheval, pouvait sui)i)orter un long voyage. Il était maintenant âgé de douze ans; il avait grandi superhement, entouré des soins d'une mère incomj)aral)!e et d'un père dont !'es])rit s'était formé à l'élude
' V. coin salM<n (iiic los temp.s son cslades ciivojes, en ospecial en les corts (lois Rpys e grans senyors. e corn en aquoll temps hagiies en la Cort del Rey de Franra un romte qiio appellavoii per son nom Salaino, loqiial cascun jorn feya dir mal al Rey del dit cavalier Kn firifTa, donantli a entendre al Rey que En (IrilTa se volia ensenyorir del comial de Rarcelona e levarse rey (Pkrk
TOMICH, cil. XXV).
Cf. VicTou liroo, dans Vllomme (pti rit : « l.'envie es! une chose dont on a tonjonrs le placenienf i\ l;i (lonr ».
des lettres et des sciences en même temps qu'à l'art de la guerre. D'ailleurs, Joffre d'Arria avait donné à son fils des maîtres choisis parmi les clercs les plus savants de la Catalogne, dont un grammatiste qui lui avait appris le latin, le mettant ainsi en mesure de lire les Saintes Ecritures dans de beaux livres faits de parchemin, écrits et richement enluminés par des scribes et des artistes d'une grande habileté.
Le ieune -l'oilii montait un rhfval plij> Itr-aii f! plus aKilr que vf\\i\ (|. s quatre lils Aymoii.
.lOFl RK I) ARRIA, ACCOMPAGNE DE SON FILS