ET SKX RETOURNE SEUL A BARCELONE
a comtesse Almira éprouva un grand contentemenl en revoyant son mari, et l'enfant exprima le sien en esquisg sant un doux sourire qui mouilla de larmes les yeux du rude guerrier. Le père le prit dans ses bras et le baisa plus de dix l'ois ; après quoi la comtesse le reprit et le confia à la nouiiicc. Mais les joies du foyer devaient être de couite diuèe : le comte ne pouvait pas séjourner longtemps au Cbàteau d'Arria ; d'un moment à l'autre, les Sarrasins, toujours opiniâtres quoique vaincus, pouvaient tenter un nouveau coup de main sur les terres de la .Marcbe.
JolTrc reprit donc le cbemin de Barcelone. 11 n'appela pas la comtesse Almira auj)res de lui avaul d'avoir organisé sa maison et assis .son gouvernement. A ce propos, le chi()iii(|U('ur catalan l'ujades fait une remarcpic irrévérencieuse |)our les femmes tu général et pour la comtesse Almira en |)arliculier : « En gens circonspects, dit-il. les Romains recounnandiiienl à leurs proconsuls et légats de ne pas emmener leurs l'ennnes avec eux lorsqu'ils partaient |)our une amba.s.sade ou un gouvernement
30 KKS r.ESTKS OH .lOFFMK d'aRRIA
(le |)i()vincc, car la i)lii|)arl des femmes soiil qiiémendeuses et avaricieiises, avides de présents, et se laissent corrompre facilement ; outre qu'elles sont une charge fort lourde, on est ol)ligé de payer leurs fautes ' ».
Que le comte lolfre ait connu la maxime romaine, c'est fort possible, mais qu'il l'ait ap])liquée à son épouse, c'est peu vraisemblable, parce que la comtesse Almira était une personne autrement née et autrement éduquée (pie la femme d'un Verres ou d'un Fontéius ; elle était sortie de troj) bon lieu pour mériter le plus léger soupçon de la j)art de son illustre mari ; elle fut, en effet, une dame des plus sages, de la meilleure vie et des plus honnêtes du monde.
Quoi qu'il en soit, six ans a|)rès les événements rapportés ci-dessus, nous trouvons Almira et son (ils aux côtés de Jofîre d'Ania dans le Palais comtal de Barcelone. La ville était prospère et trancpiille, et les populations de la Marche, délivrées du Joug des Sarrasins, vivaient j)aisiblcs sous la protection du comte .loffre d'Arria.
' Esto solian ob.scrvar los cirrunspectos Romanos, teniciulo por muy acerlado y lo anioiiestal)aii a sus procrtrisulos y legados que no llogascn consijo a sus muRcros cuaudo parlian para alfiun {^ohioriio o oriihajafia. Por(|U(> sieiido las mas do oilas piHlitîuofias y avaiiotilas. ainigas de recihir y faciles de ser colipchadas, cra mrjor d(>jar do traorlos consigo que. a mas de ser carga tan pesada, es estar ot)ligado a pagar las culpas de ellas (Pciades, Livre x, cli. xxiii).